L’Inter rejoint le Bayern

Ligue des Champions - Prolongations

Tous les supporters intéristes en rêvaient depuis la finale de Coupe des clubs champions européens en 1972, perdue contre le club qui domine alors le football, l’Ajax de Johan Cruyff. 38 ans plus tard, le stratège portugais José Mourinho l’a fait : défaits 1-0 au Camp Nou, l’Inter disputera pourtant la finale de la compétition le 22 mai à Santiago Bernabeu (Madrid), face au Bayern de Munich.

 

Bojan se prend la tête à deux mains. Il pensait pourtant avoir offert la qualification à son équipe dans le temps additionnel. (Photo Sport365)

Bien que menés 1-0 lors du match aller, les nerazzuri avaient finalement inversé la tendance pour l’emporter au final 3-1 sur leur pelouse (Sneijder, Maicon et MIlito). Ils pouvaient donc se contenter de tout match nul ou défaite par seulement un but d’écart lors de leur déplacement en terres catalanes pour le match retour. Et tels Lyon à Bordeaux en quarts de finale, les intéristes n’ont pas lâché, alors qu’ils ont pourtant été réduits à 10 très tôt dans le match, pour un second carton jaune de Thiago Motta (28ème), pour une faute sur Busquets, qui a visiblement obtenu ce qu’il cherchait en se roulant par terre (à l’italienne diront certains). La similarité avec le carton jaune de Gonalons (toutes proportions gardées bien évidemment) face à Van Bommel est flagrante, au moins dans le sens ou la victime de la faute cherche avant tout à provoquer la sortie d’une nouvelle biscotte… Quoi qu’il en soit, les Italiens ont dû batailler face à l’armada offensive du Barça à 10 contre 11 pendant plus d’une heure, et ça n’a pas été facile.

On croyait avoir tout vu avec les 70% de possession de balle du Bayern face à Lyon mardi soir. Eh bien non, hier le Barça a atteint plus de 80% de possession de balle. Comme à leur habitude, les joueurs de Guardiola avaient décidé de faire le jeu, même si vu le résultat du match aller il ne pouvait en être autrement. Guardiola justement avait pris le parti de tenter de défier Mourihno et son sens tactique inégalé sur son terrain, celui du schéma de jeu. Résultat, le 11 aligné par le technicien catalan s’est trouvé encore plus surprenant que ce à quoi on pouvait s’attendre. Eric Abidal ? En tribunes. Son remplaçant Maxwell ? Sur le banc. Mais alors qui évolue sur le côté gauche ? Gabriel, le cadet des frères Milito, plutôt habitué à la défense centrale a été désigné par Pep Guardiola. Sachant que Puyol était suspendu, qui va alors occuper la place de stoppeur droit aux côtés de Piqué ? C’est là la deuxième surprise du coach catalan : c’est à Yaya Touré de s’y coller, afin de permettre à l’équipe de passer rapidement de leur 4-3-3 habituel en phase défensive, à un 3-4-3 plus audacieux en phase offensive, en faisant monter Dany Alves en position d’ailier droit.

Pour lui répondre, Mourinho avait choisi de ne pas modifier son 4-3-3 traditionnel. Seule véritable surprise, la blessure à l’échauffement de Pandev permettra au défenseur central roumain Chivu d’être titularisé au milieu de terrain avec Motta et Cambiasso. Ajoutez à cela des consignes particulièrement défensives pour Eto’o (soi-disant positionné ailier droit) et Sneijder (soi-disant positionné milieu offensif axial) et vous obtenez la version 2010 du catenaccio. Les équipes de Mourinho n’ont jamais été connues et reconnues pour leur beau jeu, et ça n’a pas changé hier soir. Certains crieront au gâchis avec comme argument : comment peut-il faire jouer un des meilleurs attaquants du monde (Eto’o, NDLR) en position d’arrière droit ? D’autres crieront au génie : il a sorti le Barça, la meilleure équipe du monde en jouant comme il fallait jouer pour les arrêter. Car là est le problème : Mourinho est un grand entraîneur. Il a de grands joueurs. Mais aurait-il pu gagner le match autrement qu’en muselant les barcelonais ? Peut-être, mais aujourd’hui peu d’équipes peuvent rivaliser dans le jeu avec le Barça. Il a donc fait un choix : utiliser des joueurs parmi les meilleurs du monde pour jouer à l’andorrane. Et il sait plus que tout le monde que son équipe n’a pas produit de jeu, mais Mourinho cherche-t-il le jeu ? Ou joue-t-il simplement aux échecs ?

Qui a dit un jour que c’est en jouant bien que l’on gagne ? Certainement pas Otto Rehhagel ou Claude Puel… Le portugais est sur cette longueur d’onde : détruire plutôt que construire. Comme d’autre avant lui. Peu d’admirateurs du football aiment ça : les fans de Mourinho, les fans des équipes qu’il entraine (les résultats l’emportant souvent sur le jeu) et les fans de tactique. Quoi qu’il en soit, ce qu’il fait est impressionnant : depuis Porto en 2003, il a conduit trois équipes différentes en finale de la Ligue des Champions. Hier, Messi a beaucoup tenté mais peu réussi, Ibrahimovic a été transparent, Dany Alves désorienté par les changements de schémas. Tout le monde n’est pas Mourinho. Comme disait Nietszche, fais ce que toi seul peut faire – ce que les Catalans n’ont pas su (ou voulu ?) faire : si le Barça n’a certainement pas perdu contre meilleur que lui ce soir, le système barcelonais a trouvé plus fort.

Hier le Barça a bien joué, mais n’a été dangereux que trop tard dans le match. La preuve en 1ère mi-temps : rien à se mettre sous la dent en dehors d’un tir de Pedro qui sort en sortie de buts (24ème), d’un arrêt de Valdes devant Messi (32ème) et d’une demi-occasion d’Ibrahimovic (42ème). Un peu trop maigre pour penser rentrer aux vestiaires avec autre chose qu’un 0-0… L’entrée de Maxwell à la place de Milito à la mi-temps ne changera pas grand-chose à l’affaire, ni celle d’un Jeffren trop tendre ou celle d’un Bojan au final pas décisif. Les approximations de certains joueurs (Ibra, Alves, Keita) n’auront pas permis au Barça d’accrocher suffisamment des intéristes pourtant en infériorité numérique. Un seul but sera inscrit dans ce match, par l’intermédiaire du défenseur central Piqué (84ème), probablement en position de hors-jeu sur le coup, ce qui compense le potentiel hors-jeu de Milito à l’aller… Pourtant, le Camp Nou y a cru, quand à la 92ème minute Bojan inscrivit le but de la qualification sur un ballon renvoyé par Samuel dans les pieds de Messi ; c’était sans compter sur M. Debleecker qui annulait alors le but pour une main de Touré. L’éternel débat de l’intention et de la main collée, qui semble voué à durer pour toujours…

Deux remarques encore pour terminer ce post. D’abord la qualité de l’arbitrage, qui à l’aller comme au retour et dans les deux demi-finales n’a pas été d’une grande qualité : les hors-jeu, les expulsions (4 en 4 matchs), le temps additionnel, les simulations, il y a toujours eu au moins un petit quelque chose à redire… Dommage pour ce qui est censé être la vitrine du football européen, et certainement mondial. Ensuite le Barça, qui nous a fait une Arsenal : je joue bien, je fais plein de passes, je suis beau à voir jouer, mais je manque de réalisme, voire certainement de cynisme. Rageant pour la plus belle équipe d’Europe, qui n’est en fait pas surhumaine et qui risque d’avoir des regrets. Enfin la finale. Le 22 mai à Madrid ce sont bien le Bayern et l’Inter qui s’affronteront, dans l’un des plus beaux stades européen et parmi les plus chargés d’histoire. On espère que du coup la qualité de jeu sera au rendez-vous, entre des Bavarois dont le véritable niveau est encore à définir, et des nerazzuri dont ce n’est pas vraiment le cœur de métier. Wait and see comme disent nos amis anglais.

Alex.

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