Marseille champion, 18 ans après

Pour la première fois depuis 18 ans, l’Olympique de Marseille a confirmé ses ambitions de début de saison en remportant, sous la houlette de Didier Deschamps, son 9ème titre de champion de France de Ligue 1. Retour sur cette soirée historique.

 

Des joueurs marseillais plus qu'heureux après la victoire de leur équipe face à Rennes : l'OM est champion de France, une première depuis 18 ans. (Photo La Provence)

C’est fait, l’Olympique de Marseille est devenu ce soir champion de France de Ligue 1, 18 ans après son dernier titre. A la faveur d’une victoire qui a mis du temps à se dessiner, les joueurs de Didier Deschamps réalisent donc cette saison le doublé Coupe de la Ligue-Championnat. Que dire de ce match si ce n’est qu’il était attendu par tout le peuple marseillais comme la consécration du travail effectué, souvent dans la douleur, dans ce club depuis 1993. Les Olympiens étaient au courant de la défaite de l’AJA face à Lyon plus tôt dans la soirée, et savaient donc également que Lille s’était à cette occasion emparé de la deuxième place du classement ; plus question alors de calculer, seule la victoire pouvait assurer aux joueurs de la cité phocéenne le titre de champion de France, et l’opportunité de le fêter devant son public, au stade Vélodrome.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les joueurs au maillot blanc sont entré dans ce match, leur finale du championnat, le pied au plancher, et il n’a pas fallu 5 minutes de jeu pour que Gabriel Heinze, l’expérimenté arrière gauche argentin, ouvre le score sur un coup franc dans l’axe des buts frappé directement, et sur lequel Douchez n’est pour ainsi dire pas très bien placé. Douchés à froid (sans faire de mauvais jeu de mots), les rennais vont alors se relancer dans le match, notamment via le duo Jimmy Briand-Sylvain Marveaux, très en vue ce soir : au quart d’heure de jeu, le premier passe la balle au second, dont la frappe contrée revient dans les pieds du premier, qui tente alors de tromper Steve Mandanda d’un tir croisé en pleine surface. Trop croisé. Si la doublette Valbuena-Niang, n’a pas eu grand-chose à envier aux deux compères rennais, ce sont pourtant les joueurs de Frédéric Antonetti qui se montrent les plus dangereux, et à la 38ème minute, Briand, encore lui, intenable ce soir, inscrit de la tête le but de l’égalisation, sur un centre venu de la gauche de Jérôme Leroy.

Le score est alors de 1-1 à la mi-temps, et l’on se dit que Marseille n’est pas malheureux, et qu’il va peut falloir prendre son mal en patience et attendre la prochaine journée pour être officiellement champion. Pourtant, une fois n’est pas coutume, c’est le coaching de Didier Deschamps qui va faire la différence : l’entraîneur marseillais fait sortir Heinze, énervé, pour faire rentrer Taye Taiwo, plus offensif et dont la frappe de balle est surpuissante. Et c’est grâce à cet « outil » qu’il va rapidement se mettre en évidence : un peu esseulé à 35m des buts côté droit, il repique légèrement dans l’axe avant d’envoyer un missile que Douchez ne peut que dévier en corner (68ème). L’heure de la révolte a sonné : le corner qui suit, frappé par un Valbuena des grands soirs (mais qui n’a probablement pas le niveau Equipe de France, s’il y a toujours un niveau Equipe de France, n’en déplaise à José Anigo), est repoussé par l’athlétique défense rennaise, qui donne ainsi une seconde chance au lutin marseillais, qui centre alors au deuxième poteau sur la tête de Stéphane M’Bia, qui ne cadre pas alors que le but s’offrait à lui.

Alors que l’on se dit que le ballon ne va jamais rentrer, c’est Niang, pourtant muet depuis le début du mois de mars, qui, comme un symbole vient délivrer le Vélodrome en reprenant une frappe de Valbuena renvoyée par Douchez (75ème). Pas toujours positionné à son meilleur poste, parfois blessé, parfois en méforme, mais toujours battant, cette saison n’aura pas été de tout repos pour le capitaine marseillais, qui a su rester exemplaire par tout temps et pour qui ce but et une consécration. Ce signe est en tout cas de bon augure puisque l’OM va inscrire un nouveau but sur le coup d’envoi, profitant de la passivité de ses adversaires : c’est Lucho Gonzalez qui frappe du pied gauche de 25m, sur un ballon mal renvoyé par la défense rouge et noir. Longtemps en deçà du niveau qui était censé être le sien cette saison, ce but, son 7ème de la saison, est également tout un symbole, pour un joueur qui, lui aussi, a essuyé pas mal de critiques tout au long de l’année : trop lent, pas assez précis, pas décisif… Ce soir encore il n’a certainement pas fait le match de sa vie, mais il est définitivement en train de se faire une place de choix dans notre championnat, avec 11 passes décisives et 7 buts, des stats qui sont loin d’être ridicules.

Au coup de sifflet final c’est tout le stade qui a laissé exploser sa joie, comme si tout ce bonheur avait été retenu pendant 18 ans et le dernier titre de champion, lui aussi obtenu par Didier Deschamps, à l’époque en tant que joueur. On a beau ne pas être supporter marseillais, ce titre fait du bien au foot français : comment un club de la stature de l’OM, dans une ville de premier plan comme Marseille, a-t-il pu ne pas gagner de titres pendant autant de temps ? Notre championnat a besoin d’un OM champion, comme elle a besoin d’un PSG champion ou d’un Lyon champion. Et ce soir, les performances de ces clubs sont au rendez-vous, toutes proportions gardées bien sûr : si on déplore encore la triste saison des parisiens en championnat, ils ont su remporter la Coupe de France, Lyon a su se qualifier pour les demi-finales de la Ligue des Champions malgré une saison difficile et Marseille vient de réaliser ce fabuleux doublé… Reste maintenant à pérenniser tout ça, en recrutant intelligemment, ce qui commence par conserver les meilleurs joueurs et vendre ceux que l’on peut remplacer sans pertes et fracas. Un challenge qui s’annonce passionnant. Un challenge que Didier Deschamps aura la lourde tâche de mener, pour tenter de faire toujours mieux l’année prochaine.

Une chose est sûre et certaine, un homme, là-haut, devait être heureux comme un môme au moment du début du feu d’artifice accompagnant la chanson We Are The Champions de Queen, en voyant ceux qui, jusqu’à cet été étaient ses joueurs ; cet homme, c’est Robert-Louis Dreyfus, sans qui ce club ne serait certainement pas champion aujourd’hui…

Alex.

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