Qui pour remplacer Domenech?

Equipe de France de Football - Prolongations

C’est la question que le foot français se pose depuis 2008 : qui pour succéder à Raymond Domenech à la tête de l’équipe de France? Alors que tout le monde semble avoir la réponse, en la personne de Laurent Blanc, retour sur les candidats affichés ou non. Après tout, l’heureux élu ne sera désigné que le 20 mai, de quoi spéculer un petit peu!

 

Au moins 12 noms, et un seul poste à offrir : du rêve à la réalité, en passant par le pseudo-absurde, les candidats ne manquent pas.

Ils étaient déjà là en 2004…

Laurent Blanc. Candidat en 2004, le Président avait été recalé par manque d’expérience. Depuis de l’eau a coulé sous les ponts et l’ancien défenseur central des Bleus a fait ses preuves à Bordeaux, remportant le titre de champion de France de Ligue 1 en 2009 et accédant aux quarts de finale de la Ligue des Champions en 2010. Soyons honnêtes, Lolo ça a été le feuilleton de l’hiver : ira, ira pas, contacté, pas contacté, signé, pas signé… Au point que cela en a peut-être déstabilisé l’équipe girondine, qui a non seulement perdu son titre de champion de France, mais qui est en plus aujourd’hui 6ème, et donc non qualifié pour l’Europe. Au point qu’il commence à être critiqué, lui qui jouissait d’une sorte de protection de la part des médias, comme pour l’amener à l’équipe de France dans les meilleures conditions… Est-ce le meilleur timing pour lui pour rejoindre les Bleus, sachant que le poste de sélectionneur pourrait être remis en jeu dans deux ans comme l’a annoncé Jean-Pierre Escalettes ? Si on pouvait aisément penser jusqu’à il y a peu que le Cévenol allait intelligemment continuer à suivre son plan de carrière, soit en restant à Bordeaux jusqu’à la fin de son contrat en 2011, soit en partant pour un grand club européen, on commence aujourd’hui à en douter, notamment avec toutes les tractations de janvier et février… De toute façon Lolo l’a dit, ce sont le classement final de Bordeaux qui dictera son choix. En voilà un bien bon indice, il compte partir sur un bon ou un mauvais résultat ?

Didier Deschamps. Lui aussi candidat à la succession de Jacques Santini, la FFF lui avait préféré Domenech, alors que le poste lui était pratiquement promis. A son crédit, une Coupe de la Ligue et une finale de Ligue des Champions avec Monaco, un titre de Série B synonyme de remontée dans l’élite avec la Juventus et surtout le premier titre de l’Olympique de Marseille depuis 17 ans, la Coupe de la Ligue 2010, et, depuis mercredi, le titre de champion de France 2010. Alors qu’il a su devenir indispensable à l’OM où il est peut-être en train d’apporter la stabilité et les résultats attendus depuis les années Tapie, on le voit mal quitter la Canebière, ou il vient d’être érigé en demi-Dieu. D’ailleurs il clame haut et fort qu’il n’a jamais été contacté. Et qu’il ne bougera pas : ce qui l’intéresse, c’est Marseille, et uniquement Marseille. Lui aussi est peut-être (et même surement) prêt à attendre deux ans de plus, pour profiter pleinement du moment présent…

Jean Tigana. Il avait pour lui d’être le favori de Michel Platini, le président de l’UEFA. Ses résultats en tant qu’entraineur sont aussi à mettre à son actif : vice-champion de France avec l’OL, champion et demi-finaliste de la Ligue des Champions avec Monaco, champion de D2 anglaise avec Fulham, double vainqueur de la Coupe de Turquie avec Besiktas… Aujourd’hui en retrait et un peu esseulé dans le paysage footballistique français malgré sa présence dans la liste des 4 candidats plausibles donnés par Escalettes, sa nomination serait une grande surprise.

 

Ils font partie du sérail…

Alain Boghossian. Propulsé au poste d’adjoint de Raymond Domenech après l’échec de l’Euro 2008, il est aujourd’hui le pion le plus avancé de la DTN dans la quête à la succession de ce dernier. S’il n’a jamais entrainé de club, celui qui a été major de sa promotion du DEPF reste néanmoins un des favoris (bien évidemment pas sur le plan médiatique) pour le poste après avoir réussi à se faire une place de choix au sein du groupe, sans être pour autant le plus exposé aux critiques ; il semble être le bon compromis entre un choix 100% DTN et un choix 100% France 98. Et en plus il a le profil Lièvremont, très tendance. Que demander de plus ?

Gérard Houllier. L’actuel directeur technique national (DTN) pourrait certainement représenter une alternative crédible pour le poste de sélectionneur avec son expérience des grands clubs (PSG, Liverpool, Lyon) et de l’équipe de France (adjoint de Michel Platini puis sélectionneur). Pour autant, son CV est toujours entaché de la non-qualification des Bleus pour la Coupe du Monde 1994 face à la Bulgarie… Au final, on a du mal à y croire vraiment, d’autant plus qu’il a son mot à dire dans la désignation du sélectionneur, et l’auto-promotion, c’est pas toujours évident à faire paser.

Eric Mombaerts. L’ancien entraineur du Téfécé est aujourd’hui l’entraîneur des Espoirs depuis 2008. Spécialiste des équipes de jeunes, il se retrouve dans la position de Domenech en 2004. Néanmoins, au regard de son parcours il ne semble pas avoir le profil et il lui faudra certainement repasser dans le futur pour avoir une chance même hypothétique d’atteindre le sommet de la pyramide. Bref on en parle pour en parler. Et encore, uniquement ici.

 

Ils se sont positionnés…

Luis Fernandez. Qu’on se le dise, que ce soit lui ou Rolland Courbis, leur « grande gueule » ne leur permettra certainement jamais d’être sélectionneur de l’équipe de France, d’une part parce qu’ils disent ce qu’ils pensent comme ils le pensent, et d’autre part parce qu’en tant que consultants ils ne se sont jamais privés de découper les instances dirigeantes du football français, ce qui ne risque pas de jouer en leur faveur. Dommage diront certains, leur discipline et leur franc-parler pourraient être d’un grand secours à l’équipe de France… Premier candidat à la succession de Domenech à la tête des Bleus, Luis Fernandez a pourtant signé, fin mars, un contrat en faveur de la fédération israélienne pour commander aux destinées de l’équipe nationale. C’est donc un candidat de moins.

Alain Giresse. On ne parle pas trop de lui, mais il se positionnait jusqu’à fin avril comme la meilleure alternative à Raymond Domenech. S’il faut parler au passé, c’est parce que, malheureusement, il est vient de s’engager avec le Mali… Il était libre (il a été limogé de son poste de sélectionneur du Gabon), il a une bonne expérience des équipes nationales dans des contextes difficiles (Géorgie, Gabon), il était de retour dans les médias (il avait presque totalement disparu depuis son départ pour le Maroc en 2003) et il avait (et a toujours) de bonnes idées sur le jeu des Bleus (le 4-3-1-2 ou le repositionnement de Gourcuff par exemple). Bref le candidat parfait, d’autant plus qu’il aurait certainement eu le soutien de Michel Platini, son ancien compère du Carré Magique, et qu’il aurait pu permettre de faire un pied de nez aux représentants de France 98, qui n’ont pas toujours été tendres avec les hauts dignitaires du football français, qui auraient donc pu en profiter pour se venger. Mais apparemment ce n’est pas ce qu’ils voulaient faire, et l’oiseau rare a donc filé là où on le voulait vraiment !

Bernard Simondi. Honnêtement, qui le connait ? Qui sait où il a joué, entrainé, ou même quel était son poste sans aller regarder sur Wikipedia ? Pourtant, il le dit clairement, il est candidat au poste de sélectionneur de l’équipe de France (et celle de la Côte d’Ivoire, il ne va pas non plus cracher dans la soupe). Gilles Simondi, c’est un autre monsieur Afrique, un autre sorcier blanc, après Metsu, Leroy ou Giresse, avec des expériences significatives en Guinée, au Bénin et au Burkina-Faso. Significatives mais certainement pas suffisantes, pour le Varois de 56 ans, qui paiera vraisemblablement son statut d’inconnu au bataillon…

 

On en a parlé (encore et encore)…

Arsène Wenger. Beaucoup d’analystes et de Français en général en rêvent, surtout au comptoir du Bar des Sports, et ce à chaque fois que, depuis 1998, la FFF pense à remplacer le sélectionneur. Malheureusement cette fois encore on a peine à penser qu’Arsène, qui vient de perdre son poste de sélectionneur de TF1 au profit de Bixente Lizarazu, laisserait tomber sa confortable situation d’Arsenal pour venir s’engluer dans le chantier de la reconstruction des Bleus. Si son expérience du haut niveau et sa capacité à encadrer et tirer le meilleur de jeunes joueurs seraient d’une grande utilité à l’équipe de France, on voit mal comment l’Alsacien pourrait laisser tomber son royaume pour un coq.

Raynald Denoueix. Comme le précédent nommé, Raynald est un peu l’Arlésienne, celui dont tout le monde parle mais qu’on ne voit jamais. Lui aussi, son nom est évoqué toutes les années paires depuis l’an 2000. Lui aussi refuse à chaque fois. Et pourtant, Raynald Denoueix c’est le jeu à la nantaise personnifié, la science du football réincarnée, la technique magnifiée, bref, tout ce qu’on aime dans le football, et ça fonctionne : il a fait de Nantes un beau champion de France en 2001 (après avoir gagné 2 coupes de France) puis qualifié la petite équipe de la Real Sociedad pour la Ligue des Champions. Malheureusement encore, il est en retrait du monde opérationnel du football depuis 2004, et cela devrait être suffisant pour qu’il ne soit pas choisi… Et puis personne ne voudrait causer de tort à canal en le débauchant !

Alain Perrin/Paul Le Guen. Ils ont le même profil (franchouillard discret ayant entrainé de bons clubs français et des clubs étrangers de seconde zone) et un palmarès à peu près identique. Gros avantage : ils sont gentils. Gros désavantage : l’un est trop intelligent et donc, tel BHL, incompris, et l’autre est déjà sélectionneur du Cameroun. Bref on y croit moyen, même si Domenech parle de Paul Le Guen comme un de ses successeurs potentiels. Alain Perrin lui, ça serait refaire le coup de Santini. Et personne ne veut de ça. Personne.

 

Le verdict (sans surprise): Laurent Blanc sélectionneur des Bleus

A priori, ce poste de sélectionneur des Bleus est sans surprise. Il est promis à Laurent Blanc, et les autres, qui doivent rester sous la main de la FFF ne sont que des roues de secours. Toujours sympa d’être considéré de la sorte : imaginez une seule seconde que Lolo décide de ne pas y aller, on va tous avoir le sentiment d’avoir un sélectionneur au rabais… Et ce même si l’on sait déjà que qui qu’il soit la France entière sera à 100% derrière lui, dans la continuité de logique « Tout sauf Domenech ». Le Président, donc, devrait être l’élu. Reste-t-il encore à ce qu’il se décide à y aller, et ça, on en devrait en avoir le cœur net rapidement, après les deux derniers matchs de championnat qui restent à Bordeaux. Maintenant, allez imaginer ce qui se passe dans sa tête : doit-il partir en laissant les Girondins dans la panade ? A-t-il toujours confiance en sa méthode ? En lui ? N’aura-t-il pas envie de faire un pied de nez à la France entière ? Et puis l’une des questions qui se pose vraiment est celle de l’ « état » dans lequel il pourrait arriver chez les Bleus, tant il semble que dernièrement, les critiques commencent à s’abattre sur sa façon de gérer son groupe et sa communication. De toute façon une chose est sûre, la fédé, elle, ne changera pas de cheval ; elle s’est engagé trop loin avec celui-là, grâce auquel elle est persuadée de pouvoir faire plaisir à la France entière. Car il faut le dire, résultats ou pas, Lolo ou DD restent avant tout des gens à qui l’on pardonne et à qui on laisse du temps, un peu comme Le Guen et Kombouaré dans de moindres mesures au PSG, ce qui explique certainement leur réussite (en dehors de qualités indéniables bien entendu). Ca tombe bien du temps, il en faudra à Laurent Blanc s’il prend les rênes des Bleus… A moins qu’après réflexion il ne dise non, et que Boghossian ou Tigana ne doivent assurer la relève : ce serait un (nouveau) véritable désaveu pour la FFF et des Bleus qui ne font plus beaucoup rêver…

A demain pour l’étude des potentiels sélectionnables pour la Coupe du Monde (eh oui, la denière liste de tonton Raymond arrive dans 4 jours)!

Alex.

PS : Si vous prenez le train en marche, vous pouvez lire ou relire le début du dossier sur l’équipe de France et son sélectionneur, avec notamment les 10 meilleures déclarations de Raymond, les 10 matchs qui comptent de l’ére Domenech, et les Bleus en chiffres.

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