L’Inter réalise le triplé!

Ligue des Champions - Prolongations

En disposant du Bayern de Munich (0-2) samedi soir au stade Santiago Bernabeu de Madrid, les joueurs de l’Inter de Milan et leur charismatique entraîneur José Mourinho ont permis au club nerazzuro de réaliser le triplé Coupe-Championnat-Ligue des Champions.

 

José Mourinho et Marco Materazzi saute de joie à l'issue de la victoire de l'Inter en finale de la Ligue des Champions. (Photo Daily Mail)

Aussi bizarre que cela puisse paraître, on a plus parlé des entraineurs que des joueurs lors des traditionnels débats d’avant match, avec pour sujet principal José Mourinho, qui retrouvait son maître, son mentor, celui auprès duquel il a presque tout appris lorsqu’il était son adjoint au FC Barcelone : Louis Van Gaal. Il faut dire que Mourinho, auto-proclamé « The Special One », a le don de faire tout tourner autour de lui, au point même donc, qu’on en oublierait presque que ce sont les joueurs qui se disputent le bout de gras sur la pelouse… Que ce soit sur ou en dehors du terrain, Mourinho attire l’attention : arrogant, beau parleur, cynique, victime, philosophe, il sait tout faire. Lui qui n’a jamais été footballeur professionnel a vite compris que pour exister dans ce monde de stars, il fallait non seulement avoir des résultats mais aussi une personnalité. Résultat, là où les entraîneurs habituellement s’effacent pour souligner la victoire des joueurs et prennent sur eux en cas de défaite, partout là où Mourinho passe, c’est l’inverse : dans les équipes qu’il dirige, il est celui qui fait gagner.

Beaucoup d’amateurs de football ne croient pas en cette théorie et diront qu’au bout du compte, ce sont les joueurs qui sont sur le terrain… Et pourtant on le voit bien, tout le monde s’incline devant Mourinho : on peut ne pas aimer le style de jeu qu’il propose (ou plutôt qu’il impose), mais on ne peut pas nier qu’il fait un travail formidable, au moins d’un point de vue « intellectuel ». D’ailleurs on pourrait se dire que dans ce milieu de stars capricieuses son attitude pourrait ne pas passer, mais il en est tout autrement : il inspire le respect, et ses joueurs sont tous prêts à se plier en 4 pour lui pour une simple et bonne raison, il gagne. Car s’il y a bien quelque chose qu’on ne peut pas retirer à ce joueur d’échecs grandeur nature, c’est qu’il gagne : les championnats, les coupes nationales et les coupes d’Europe, il les a toutes gagnées là où il est passé, multipliant les doublés et les triplés, comme il vient de le faire cette année. Une chose est sure : Mourinho est devenu l’homme qu’il faut avoir pour s’assurer des trophées, et ça, le Real Madrid l’a bien compris et vient de se mettre à ses pieds pour le faire venir à la fin de la saison afin de redorer le blason des Merengue.

Alors pour rester dans le thème, samedi Mourinho a donc remporté sa 2ème Ligue des Champions après celle remportée face à Monaco en 2004 ; pour le club Lombard, c’est la 3ème coupe aux grandes oreilles, après 1964 et 1965. La finale a été belle, mais rien à voir avec l’âpre affrontement tactique qui avait conduit à la défaite du beau jeu barcelonais en demi-finales, défaite que le grand public a eu du mal à digérer : dans la vie, tout le monde préfère les gentils, mais parfois, ce sont les méchants qui gagnent. En demies, Mourinho a sorti l’artillerie lourde : du jeu au match aller, du contre-jeu au match retour. Je préfère appeler ça du contre-jeu à du non-jeu car jamais il n’a été question de ne pas jouer, l’idée était principalement de contrer le jeu du Barça ; et même le non-jeu n’existe pratiquement pas, puisque même si l’on cherche à faire déjouer l’adversaire on joue, avec ou sans ballon. En finale, le match était tout autre, et l’absence de Franck Ribéry n’y était certainement pas pour rien : faire reposer toute la partie offensive du jeu sur Olic et Robben ne pouvait être suffisant pour faire exploser la solide défense de l’Inter…

Il est facile de parler après coup, mais je ne voyais pas vraiment comment cette finale pouvait échapper à l’Inter, et pas uniquement parce que Mourinho gagne 95 fois sur 100… Le Bayern est une bonne équipe, mais l’Inter est une meilleure équipe, si l’on peut faire ce genre de distinction : les joueurs n’ont pas la même classe ni le même vécu des deux côtés, et pas besoin d’être supporteur intériste pour s’en rendre compte. Par exemple Olic est un bon attaquant, on a pu le voir contre Lyon, mais il n’a pas l’étoffe d’un grand attaquant de niveau international, rien à voir en tout cas avec la facilité et la technique d’un Milito (qui pourtant ne fait pas spécialement rêver) ou d’un Eto’o. De même la défense du Bayern n’a pas prouvé sa supposée valeur en Ligue des Champions, et a même été parfois limite, que ce soit en poules ou face à Lyon lors du match aller ; face à l’indéboulonnable muraille Maicon-Lucio-Samuel-Chivu ça ne pèse pas bien lourd. Surtout quand Zanetti (dont c’était le 700ème match avec les nerazzuri) et Cambiasso sont en plus à la récupération… Une chose est claire : il y a moins de différences entre les joueurs à l’Inter qu’au Bayern.

Défensivement parfait, l’Inter a aussi su trouver l’inspiration offensive grâce à Sneijder, dont on annonçait le duel à distance avec Robben, puisque les deux joueurs avaient été priés de quitter le Real Madrid l’été dernier. L’association du premier avec Milito a fait des merveilles, notamment sur le premier but, inscrit à la demi-heure de jeu par l’Argentin. D’ailleurs soulignons une chose : on a beaucoup parlé en Ligue 1 de l’importance d’avoir un bon gardien de but, et cela se vérifie aussi en Ligue des Champions, sans spécialement faire allusion à un match ou à un autre : Butt ça peut faire l’affaire, mais combien de temps ? Robben lui a tenté de faire le boulot côté Bayern, mais ce joueur à un énorme défaut qu’il traine depuis déjà bien longtemps : il est trop rapide pour ses coéquipiers et au résultat, ses passes ou certaines de ses percées sont peu ou pas suivies par ses partenaires… Altintop et Müller auront beau avoir tenté leur chance en frappant au but en début de deuxième période, rien n’y aura vraiment fait, et c’est finalement l’Inter qui va inscrire un deuxième but par l’intermédiaire de Milito, encore lui, après une petit balade dans la défense bavaroise. Il prouve à nouveau qu’il est l’un des tous meilleurs (et parmi les plus réguliers) attaquants en Europe : depuis son arrivée en janvier 2004 au Genoa, il a inscrit plus de 18 buts en moyenne par saison, pas mal pour un joueur dont on ne parle pas trop…

Il s’agit là en tout cas d’une bien belle victoire pour les intéristes, qui mettent ainsi fin à 45 années de disette. Il y avait donc samedi soir 3 grandes villes européennes dans lesquelles les sentiments étaient contrastés. Tout d’abord il y avait de la joie à Milan, puisque le club réalise le même triplé que le BArça l’année passée. A l’inverse, il y avait un brin de tristesse en Bavière, où les joueurs n’auront présenté à leurs supporteurs que (sic) le doublé coupe-championnat. Enfin, à Madrid, c’était l’espoir qui dominait, puisque la machine Mourinho y est attendue pour faire renouer le Real avec son prestigieux passé pas encore si lointain… Reste à voir la tête des socios face au jeu que leur proposera le Mou, certainement basé sur une solide assise défensive, surtout quand on sait que Madrid a pris l’habitude de remercier les entraineurs qui ne faisaient pas rêver les supporters (Capello en est le parfait exemple) : facilement transposable de l’Angleterre à l’Italie, reste donc à savoir maintenant comment le style Mourinho arrivera à passer les Pyrénées

Alex.

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