France – Costa Rica : L’analyse

Equipe de France de Football - Prolongations

Après les notes des joueurs de l’équipe de France, retrouvez l’analyse de la victoire des Bleus ce soir à Bollaert en match de préparation à la Coupe du Monde face au Costa Rica.

 

Anelka, comme Henry après lui, s'est retrouvé un peu seul en pointe de l'équipe de France. (Photo Panoramic)

Le 4-3-3 tient ses promesses

C’était le sujet de discussion de la semaine : Raymond Domenech allait certainement aligner un seul récupérateur face aux Costariciens, chose qu’il n’avait jamais essayée depuis 2006. Au programme ce soir un bien connu 4-3-3, qui ne ressemblait pas tellement à celui de l’Inter comme a voulu nous le faire croire Christian Jean-Pierre (l’Inter joue avec deux vrais 6, Cambiasso et Zanetti, et un 8-10, Sneijder), mais plutôt à celui de Lyon (quand Källström joue avec Pjanic et Toulalan), ou encore à celui de Chelsea (Lampard, Essien et Mikel). Au final le jeu produit a été assez séduisant, et les joueurs bien positionnés sur le terrain, comme par exemple Ribéry, qui a redoré le blason du côté gauche, qui avait été rendu fade par les différentes prestations calamiteuses d’Henry dans cette position. Si le jeu a beaucoup penché côté gauche, ce système a quand même globalement permis de distribuer le jeu à partir de tous les postes du milieu de terrain, que ce soit dans l’axe via Gourcuff et Malouda, ou sur les côtés via Govou et Ribéry. En attaque, Anelka et Henry se sont tous les deux retrouvés un peu seuls, mais c’est un peu le principe de ce système, et ce ne sont pas Lisandro ou Drogba qui diront le contraire ; cela ne pose pas spécialement de problème, étant donné que le surnombre vient du milieu de terrain, que ce soit via des soutiens axiaux (Gourcuff l’a beaucoup fait) ou latéraux (Ribéry et Govou dans une moindre mesure ont pas mal repiqué). Autre avantage du système, Toulalan n’a marché sur les pieds de personne, puisque l’impact à la récupération des deux relayeurs s’est trouvé assez limité : les plus cyniques y verront certainement une mauvaise performance de ces joueurs-là, tandis que d’autres, plus optimistes, préfèreront parler de complémentarité, enfin. Une chose est sure, même si l’opposition n’était pas de classe internationale, l’animation offensive a été bien plus concluante que par le passé, et a notamment permis à Gourcuff de mieux s’exprimer. Néanmoins l’apport du côté gauche, plus offensif sur le papier a été plus important…

Un jeu offensif déséquilibré

Comme annoncé dans un de mes précédents posts, la faiblesse du côté droit est quand même palpable, même si Govou ayant été préféré à Gignac, la copie a été au final honorable. A la différence du côté gauche, très bien animé offensivement et défensivement par Evra, Malouda et Ribéry (dont le pressing est économique/intelligent), le côté droit se retrouve affaibli par Sagna, pas toujours au niveau défensivement, et proche du néant au niveau de l’apport offensif (certes on l’a un peu vu aux avant-postes ce soir, mais uniquement lorsque son vis-à-vis était redescendu défendre). Sa qualité de centre est médiocre, et sa capacité de débordement est limitée ; même si Domenech en fait son titulaire indiscutable, essayer Reveillère aurait pu être intéressant. Heureusement, défensivement Govou fait le boulot, mais du coup il est moins présent offensivement (tout le monde ne peut pas être Ribéry). Avec Gourcuff qui a eu du mal à bien rester sur la droite du terrain (on l’a vu venir à gauche et dans l’axe, plutôt en position de numéro 10 du 4-2-3-1, surtout en première période), le jeu a sensiblement penché à gauche, où Ribéry a fait le show. D’ailleurs, il a fallu attendre pratiquement la 10ème minute pour voir une action côté droit, avec la frappe puissante de Govou, détournée en corner par Navas. En seconde période les choses se sont un peu équilibrées, notamment avec la montée en puissance de Gourcuff et l’entrée de Valbuena, qu’il sera intéressant de voir dans un match plus disputé. Le fait que le jeu penche à gauche n’est pas vraiment un problème en soi, l’équipe de France l’a déjà rencontré par le passé et il est possible de fonctionner comme ça. De toute façon, il vaut mieux pencher à gauche avec les bons joueurs que de tenter d’être équilibré en faisant jouer des chèvres, c’est bien connu.

Quid de la défense ?

Le souci de ce match, c’est que l’on en sait toujours pas plus sur la défense des Bleus. Sagna a fait un match moyen comme à son habitude. Evra, lui, est peut-être la seule certitude au niveau des titulaires en puissance, puisqu’il a fait preuve de sérénité offensive et défensive, et a enfin sorti un match d’un niveau convenable. Pas de quoi s’attarder non plus, c’est le minimum pour un joueur de sa stature. Gallas a été pratiquement transparent (en témoigne son placement sur le corner qui amène les Costariciens à frapper sur la transversale), certainement anxieux à l’idée de se blesser à nouveau et donc de ne pas partir en vacances en Afrique du Sud. Quant à Abidal, il était un peu sous l’eau en première mi-temps (étrange attitude sur le but, même un poussin serait monté sur le joueur), et a su progressivement sortir la tête pour facilement prendre le dessus sur l’excellent joueur au profil d’Oliech (je cours et… je cours, puisque si je touche le ballon tout le monde risque de voir que je ne sais pas quoi en faire) qui faisait office d’avant-centre. Du coup, l’entrée de Squillaci en seconde période a vraiment fait du bien : sobre défensivement, propre dans la relance, présent de la tête, avec ses chaussures toutes noires et son air de « je vais me casser la figure » quand il court, Toto a fait le boulot, comme face à l’Irlande lors du match retour des barrages : ses interventions sont propres et son entente avec Abidal semble tenir la route. Autre point de satisfaction, Abidal n’a pas pris de carton rouge ce soir, ce qui est rare quand il joue dans l’axe. Bref, on se satisfait de pas grand-chose, dans un match au profil bizarre au cours duquel ni Reveillère ni Planus ne seront rentrés…

Le Costa Rica n’est pas le Brésil

Ca c’est pour ceux qui ne savent pas lire. Ou ceux qui n’avaient pas vu que les adversaires des Bleus jouaient en rouge, bleu et blanc. D’ailleurs le début de match faisait un peu mal à la tête : bleu-blanc-rouge contre rouge-bleu-blanc, c’était pas toujours évident à suivre, alors que d’habitude les équipes enfilent leurs couleurs extérieures pour d’obscures raisons… Tout ça pour dire que le niveau affiché par les adversaires du soir des Bleus était comment dire… faible ? Seul Ruiz semblait réellement au niveau. Du coup dire qu’on produit du jeu et qu’on se crée des actions, c’est bien, mais encore heureux ! Par contre ne pas savoir si la défense tient le coup, alors même qu’elle a été peu inquiétée, là c’est plus grave… L’équipe de France a été parfois en danger, alors que les Costariciens n’ont proposé que très peu de jeu… Bref on attend la suite pour se faire une vraie opinion, car une chose est sûre : ce match n’était pas là pour tirer des conclusions (à part peut-être pour tous ceux qui vont faire de Valbuena le nouveau Messi dès demain), mais plutôt pour conclure en beauté le stage de Tignes : en effet, tout était réuni pour donner confiance aux joueurs, que ce soit le public lensois, qui scandait le nom de tous les joueurs, ou même l’adversaire, qui était là pour continuer à mettre en branle le nouveau dispositif de Domenech. En même temps, normal, jouer l’Espagne aurait certainement été un sabordage pur et simple… En tout cas une chose est sûre, des choses ont changé : le jeu est plus attrayant (et on n’avait pas vu ça depuis une éternité), la confiance semble retrouvée, et le groupe semble s’être retrouvé. En espérant que l’on va continuer à voir ces améliorations lors du prochain match, dimanche contre la Tunisie

Alex.

PS : Retrouvez les notes du match ici.

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1 Response to “France – Costa Rica : L’analyse”



  1. 1 Un dernier pour la route « Prolongations… Rétrolien sur juin 4, 2010 à 1:17

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