Tunisie – France : L’analyse

Equipe de France de Football - Prolongations

Après les notes des joueurs de l’équipe de France, retrouvez l’analyse du match nul des Bleus en Tunisie (1-1) en match de préparation à la Coupe du Monde.

 

Après deux performances en demi-teinte : les Bleus ont encore une dizaine de jours pour parfaire leurs automatismes avant de début de la Coupe du Monde. (Photo Reuters)

Comme je le disais dans mon précédent post dans lequel je donnais les notes des joueurs de l’équipe de France, j’étais ce weekend dans un des rares lieux sans internet. Mais ce que je n’ai pas précisé, c’est que je n’avais pas non plus la télévision… On ne dirait pas comme ça, mais ça a des avantages, dont celui de pouvoir regarder tranquillement le match après coup, mettre pause quand on veut, revoir une action,  et tout ça après la bataille, avec un regard a fortiori plus posé. Alors que retenir de ce match ? J’ai lu un peu partout qu’après la victoire contre le Costa Rica, ce match nul en Tunisie était un pas en arrière. Mouais. Je n’ai globalement pas trouvé les Bleus plus mauvais, mais je ne les ai pas trouvés meilleurs non plus, la faute certainement à pléthore de changements (5 après l’heure de jeu). La première grande certitude que l’on peut avoir jusqu’ici c’est que Domenech a montré qu’il avait son 11 titulaire en tête, puisqu’à l’exception de Mandanda, il avait décidé de reconduire la même équipe que contre les Costariciens, le tout dans le même schéma, le fameux 4-3-3 plein d’espoir. Pourquoi pas, on ne peut pas lui reprocher de vouloir créer une équipe et des automatismes à moins de deux semaines de la Coupe du Monde. En tout cas ce choix se justifiait en début de match ; à la fin en revanche plusieurs constats s’imposent…

Le premier d’entre eux, c’est que la défense des Bleus est encore trop fragile. Revoyez le match de dimanche et vous verrez que contrairement à ce qu’ont voulu nous faire croire Christian Jean-Pierre et Jean-Michel Larqué, les Tunisiens, comme les Costariciens avant eux, n’ont pas été des foudres de guerre. Comme mercredi, ils n’ont été dangereux que parce que le bloc défensif de l’équipe de France les a laissé être dangereux : sur le but Toulalan n’attaque pas le milieu de terrain tunisien et Gallas laisse Ben Khalfallah réaliser son centre-tir, sur le ballon du 2-0 manqué par ce même Ben Khalfallah, le milieu de terrain français regarde les joueurs offensifs tunisiens jouer au tennis-ballon et Abidal se fait prendre dans le dos et réclame bêtement un hors-jeu, laissant Gallas seul avec les deux attaquants des Aigles de Carthage… Des exemples comme ça, il y en a à chacune des incursions des joueurs de Trabelsi, alors certes ces joueurs sont talentueux, on ne peut pas le leur enlever, mais si en plus on tend le bâton pour se faire battre… Du coup notre défense, dont les joueurs évoluent à Arsenal, Manchester et Barcelone, se fait balader par des attaquants qui eux jouent à Valenciennes, Lens ou l’Espérance de Tunis, le Lens tunisien. Une fois oui, mais à chaque fois, faut pas pousser ! Aujourd’hui il faut se rendre à l’évidence, Abidal n’est pas un défenseur central, et on peut même se demander s’il est un joueur de foot : ses interventions sont faibles, il n’attaque pas le porteur du ballon, il relance au mieux latéralement, son positionnement laisse à désirer… La catastrophe ! Et que dire de Planus, dont Domenech disait le plus grand bien ? Hier, le libéro bordelais a été totalement dépassé par des attaquants supposés être de son niveau, la Ligue 1. Pour moi, la seule solution crédible en défense consiste à associer Squillaci, toujours irréprochable, et Gallas, qui semble sur la bonne voie ; un seul problème toutefois, le Gunner préfère jouer à droite de la défense…

Le milieu de terrain semble être la seule zone du terrain à apporter satisfaction. Même s’il était en dedans hier soir, Toulalan tient quand même la baraque derrière, et semble aujourd’hui inamovible. Gourcuff semble mieux positionné en relayeur et pèse plus sur le jeu à ce poste : on l’a vu tirer, dribbler, récupérer des ballons et surtout enfin combiner avec le côté droit des Bleus, chose qu’il n’avait pas fait face au Costa Rica. Malouda semble lui aussi plus performant à ce poste que sur l’aile, et on l’a vu à l’aise sur les deux derniers matchs : il vient chercher les ballons et joue intelligemment, que ce soit latéralement ou dans la profondeur. A gauche, Ribéry survole les matchs et sa vitesse et sa capacité de percussion sont un vrai atout pour les Bleus, qui n’hésitent pas à l’exploiter, souvent même trop, puisque le jeu français penche très nettement à gauche, même si cela a eu tendance à se rééquilibrer face à la Tunisie. Le seul point d’interrogation concerne le côté droit, où Govou souffle le chaud et le froid : assez discret, il a quand même tiré 3 fois au but en première mi-temps et a su profiter des quelques ballons qu’il a eu, avant de complètement sombrer en deuxième mi-temps. A ce propos, pourquoi faire rentrer Cissé à droite dans le 4-3-3 alors que Valbuena aurait pu être une solution crédible ? Tout le monde sait que Djibril n’est pas un ailier et qu’il est plus à l’aise dans l’axe ; un changement tactique aurait pu être le bienvenu… Bref, le seul point d’interrogation reste donc à droite. A noter que dans l’axe Diaby a fait deux entrées convaincantes face aux Costariciens et face aux Tunisiens et qu’il sera prêt sans nul doute à prendre la place d’un titulaire à la moindre baisse de rendement de l’un de ceux-ci. Pour autant, il semble encore un peu naïf parfois, mais il compense parfaitement avec un physique à toute épreuve et une technique redoutable… A surveiller, voire à essayer !

Devant, c’est le néant. Anelka n’est pas un 9, un point c’est tout. Henry n’a pas été bien meilleur lors de ces deux entrées, même si face aux joueurs tunisiens il a d’abord été positionné à gauche (si vous croyiez que ce délire était fini et que Domenech avait compris, détrompez-vous !). Gignac a bien été essayé, mais ses permutations avec ce même Henry ont été vaines et sa tendance à se décaler côté gauche n’est pas un plus pour l’équipe. Reste encore Cissé qu’il pourrait être judicieux d’essayer face à la Chine, à moins que Raymond n’ait trop peur de blesser son poulain… En tout cas, Djibril, qui montre de l’envie, pourrait être une alternative solide. Notons également que l’association Gignac-Cissé dans l’axe semble intéressante, alors pourquoi ne pas l’essayer en fin de match, en basculant sur un 4-4-2 avec un milieu en losange ? Aujourd’hui, à moins d’être aveugle, tout le monde voit que le jeu offensif des Bleus c’est 85% Ribéry, 7,5% Gourcuff et 7,5% Malouda. Autant dire que le problème est vite cerné, et les Tunisiens l’ont bien compris : ils ont cadenassé le milieu de terrain, a priori notre point fort, et ils ont surtout essayé de défendre à plusieurs sur Ribéry, qui s’en est bien sorti. Alors certes, parfois il faut faire faute pour l’arrêter, mais vue l’efficacité française sur coups de pieds arrêtés, il n’y a pas grand-chose à craindre à part un but de l’épaule de Gallas (suivez mon regard) ou une boulette du gardien de but… Bref, à moins de deux semaines de l’ouverture de la Coupe du Monde, les doutes sont de retour. Génial.

Alex.

Publicités

1 Response to “Tunisie – France : L’analyse”



  1. 1 Un dernier pour la route « Prolongations… Rétrolien sur juin 4, 2010 à 1:17

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à Prolongations et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 3 autres abonnés

Les derniers tweets

Prolongations, les archives


%d blogueurs aiment cette page :