Un dernier pour la route

Equipe de France de Football - Prolongations

Raymond Domenech a annoncé aujourd’hui les 11 titulaires qui affronteront demain la Chine, à 18h à la Réunion, et pas de surprise : pour le troisième match consécutif, les Bleus commenceront avec les 10 mêmes joueurs de champ.

 

Malgré des performances très éloignées de celles que l'on attend de lui, Eric Abidal sera à nouveau titulaire face à la Chine. (Photo Delphine Pineau)

Demain face à la Chine, les 11 Français titulaires au coup d’envoi seront exactement les mêmes que ceux qui ont laborieusement obtenu la victoire contre le Costa Rica (2-1) et surtout le match nul contre la Tunisie dimanche dernier (1-1). Cette annonce du sélectionneur, faite ce jeudi, peut s’interpréter de deux façons. La première est plutôt positive : Domenech fait monter l’équipe en puissance en alignant, chose excessivement rare (voire inexistante) depuis sa prise de fonction, les mêmes joueurs de champ lors de 3 matchs consécutifs. Un bon moyen de créer des automatismes, même si cela arrive un peu tard… En même temps, à la décharge de Raymond, il n’a pas eu souvent l’occasion d’aligner deux fois de suite la même équipe, notamment en défense, où les blessures se sont accumulées à tour de rôle. Le sélectionneur a tranché : plutôt que de remplacer les joueurs qui n’ont pas donné entière satisfaction (Anelka, Govou et surtout Abidal, pour ne pas les citer), mieux vaut leur donner du temps de jeu et ainsi les faire progresser, si tant est que cela soit possible… En gros, il fait aujourd’hui ce qu’il a toujours rêvé de faire, et notamment en défense, où il aligne enfin sa charnière idéale, Gallas-Abidal. Avec plus de deux ans de retard…

La deuxième façon d’interpréter cette décision est plus négative. Aligner 3 fois cette équipe, c’est aussi envoyer un signal fort aux 12 autres joueurs : il y a 11 titulaires et vous, et même avec des performances très moyennes la hiérarchie ne change pas, même si vous êtes bons quand vous entrez en jeu (Squillaci, Valbuena et Diaby se reconnaitront). En tout cas aujourd’hui une chose est pratiquement sure et certaine, rien ne changera avant le deuxième match de poule : étant donné que les Bleus terminent la préparation avec cette équipe, on voit mal Domenech (toujours faire attention avec cette phrase, il est prêt à tout pour nous faire dire des bêtises) aligner un « nouveau » joueur lors du premier match face à l’Uruguay, le 11 juin au Cap. Si on suit ce raisonnement, le match de demain soir est donc l’ultime chance de régler les problèmes individuels et collectifs de l’équipe : les performances de la défense, et en particulier celle d’Eric Abidal, catastrophique jusqu’ici, mais aussi l’apport offensif de Govou ou encore le positionnement au poste de numéro 9 de Nicolas Anelka, peu (voire pas) habitué à cette position.

Parmi ces deux logiques qui s’opposent, Raymond Domenech a donc tranché, et a préféré la continuité à la rupture. Il fallait s’y attendre. Résultat demain contre la Chine, on ne verra pas Sébastien Squillaci, qui a pourtant donné entièrement satisfaction lors de ses deux entrées en jeu, et qui, à défaut d’avoir un jeu léché et séduisant, a au moins un jeu sobre et efficace. A la place on verra Abidal, qui a été systématiquement à la rue contre des attaquants de niveau Ligue 1, voire Ligue 2. Pourquoi ? 3 raisons : comme mentionné plus haut, Domenech peut enfin aligner la défense qu’il rêve d’aligner depuis 3 ans ; ensuite, Gallas en stoppeur gauche, c’est inimaginable, il ne veut pas, même si c’est pour le bien du collectif ; enfin parce qu’Abidal est l’un des chouchous de Domenech, et il y a fort à parier que s’il n’était pas sous le feu des critiques, il serait même capitaine en lieu et place d’Evra… On ne verra pas non plus Valbuena, que notre sélectionneur trouve certainement trop offensif, et qu’il semble vouloir (pour le moment) utiliser comme il utilisait Ben Arfa, en mode joker. Idem pour Diaby, à la différence que les performances de Gourcuff et Malouda sont moins discutables. Et quid d’Anelka : pourquoi ne pas l’essayer à droite comme à Chelsea, ou tout simplement le remplacer par Gignac ou même Cissé ? Aujourd’hui, on sent bien qu’il va falloir attendre d’être en danger pour changer anarchiquement, comme ce fut le cas lors du fiasco de l’Euro 2008.

Si on pousse le vice un peu plus loin, certain font même revenir sur le devant de la scène l’idée à la mode de la deuxième partie de saison : Toulalan en défense centrale. Avec Gallas, pourquoi pas ; Jérémy a déjà joué stoppeur gauche, à ce jeu-là le Gunner sera heureux, il pourra conserver ses repères à droite de la défense centrale… Du coup hop, on fait entrer Diaby en 6. Mouais… Toulalan stoppeur alors qu’il est milieu défensif (et que les stats montrent qu’il est meilleur à son poste de prédilection), Diaby en milieu défensif alors qu’il est relayeur (on l’a bien vu, il sait construire et il apporterait indéniablement un plus au niveau de la relance à ce poste-là, mais saurait-il exécuter parfaitement la partie défensive de sa partition ?). Je crois que je préfère encore la solution de Raymond… dans laquelle on échangerait Abidal et Squillaci ! Il aurait fallu changer : il est trop tard pour transformer Abidal en bon défenseur, alors qu’on lui a donné l’occasion de faire semblant d’être bon face au Costa Rica et à la Tunisie…

Evidemment, les mêmes joueurs ça implique aussi le même schéma de jeu, le fameux 4-3-3 qui a fait rêver toute la France depuis 2 semaines, avant que le soufflet ne retombe suite à la contre-performance réalisée contre les Aigles de Carthage. Franchement, rendons nous à l’évidence, si ce n’est pas la Panacée, ce petit changement (un milieu défensif remplacé par un milieu offensif, renommé « milieu relayeur » pour faire plus joli) a quand même eu le mérite d’apporter un peu plus d’allant offensif à l’équipe : le ballon circule bien au milieu de terrain, et nos attaquants sont relativement bien mis en position. Seuls le positionnement d’Anelka (« il faut arrêter de décrocher mon grand, on a déjà assez de milieux de terrain ») et l’apport offensif de Govou (« ah quel nul, quand on voit Ribéry… ») font encore débat. En revanche, quand on enlève un milieu défensif à une équipe dont défendre n’est pas vraiment le point fort, on la met potentiellement en danger sur toutes les incursions de l’adversaire… Bref, le casse-tête est sans fin, ou presque. Maintenant il faut faire comme au saut à parachute lors d’un premier saut : fermer les yeux, se laisser tomber dans le vide, en priant que le parachute s’ouvre lorsqu’on aura besoin de lui. C’est pareil pour les Bleus : il faut entrer dans la compétition sans se retourner, et espérer que la réussite (ou la chance ?) soit au rendez-vous. Dernier éléments de non-réponse demain après France-Chine…

Alex.

Publicités

0 Responses to “Un dernier pour la route”



  1. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à Prolongations et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 3 autres abonnés

Les derniers tweets

Articles les plus consultés

Prolongations, les archives


%d blogueurs aiment cette page :