France – Chine : L’analyse

Equipe de France de Football - Prolongations

Après les notes des joueurs de l’équipe de France, retrouvez l’analyse de la défaite des Bleus à la Réunion face à la Chine (0-1) en match de préparation à la Coupe du Monde.

 

Les Chinois jubilent : les Bleus viennent de leur offrir la victoire sur un plateau. (Photo France Soir)

Ridicule. Ridicule et honteux. Voilà en deux mots comment résumer la prestation des Bleus face à la Chine, vendredi soir à la Réunion. Tout le monde s’attendait à ce que ce dernier match de préparation à la Coupe du Monde de la FIFA 2010 soit une formalité pour l’équipe de France face aux coiffeurs chinois ; il n’en fût rien. Pourtant, nos amis asiatiques avaient mis les petits plats dans les grands pour nous permettre d’arriver en pleine confiance au Cap : plus de 30h de vol, 80% des titulaires habituels laissés au pays, un seul attaquant de pointe, et j’en passe et des meilleures. Malheureusement (nos adversaires devraient commencer à le savoir), contre les Bleus rien n’est gagné d’avance, et, même sans jouer, les Chinois l’ont appris à leurs dépens : sans jamais vouloir gagner ce match, ils ont pourtant inscrit un but, synonyme de victoire, chose extrêmement rare pour eux face à une grande nation du football. Si tant est que la France soit encore une grande nation du football… Ah si, « une grande nation » est une notion tirée du passé. Ouf ! Pour « une grande équipe » ou « une équipe majeure », là, il faudra repasser.

Le match de vendredi, les Chinois ne l’ont pas gagné ; ce sont les Français qui l’ont perdu. A force d’attaquer vainement, que dis-je, stérilement, on commençait à le voir arriver gros comme un camion au milieu d’une route du Larzac. Eh oui, si les Chinois n’ont pas l’habitude, nous, on commence à s’y connaître en défaite… 67ème minute. Coup franc à 30m, pratiquement dans l’axe, pas tellement dangereux a priori. C’était sans compter sur Jabulani, le ballon de baudruche du Mondial, et ses trajectoires flottantes. Et sans compter sur la glissade de Lloris au départ du ballon. Ne parlons pas trop du tireur chinois, dont tout le monde a oublié le nom (de toute façon personne ne le connaissait), qui s’est contenté, comme un poussin, de cadrer le ballon. Parce qu’il faut arrêter, ce type, ce n’est pas Juninho, et ce but ce n’est pas tant celui de la Chine, mais surtout celui que les Français n’ont pas su inscrire. Comme une punition. Le ballon, la pelouse trop haute et trop arrosée, ce ne sont que des excuses bidons : les vrais responsables de ce but encaissé, ce sont les 10 joueurs de champ français, incapables de faire plier la défense chinoise.

Hors de question de rabaisser la performance chinoise, mais faire plier cette défense, ça doit pouvoir se faire avec les joueurs à la disposition du groupe France non ? Ces chinois, ce ne sont quand même pas les Allemands ou les Espagnols ? Eh ben il faut croire que la réponse n’est pas si évidente que ça… Face aux joueurs asiatiques, les Bleus n’ont jamais réussi à accélérer la cadence. Dommage. Et inquiétant, quand on sait que la Chine occupe le 84ème rang du classement FIFA, juste derrière l’Afrique du Sud, un de nos adversaires au premier tour de la Coupe du Monde. Govou et Anelka ont à nouveau été très en-deçà de ce que l’on attendait d’eux, là où Valbuena et Gignac ont montré, au moins, de l’envie. Idem pour Sagna, complètement transparent ou presque lors des 3 matchs, là où Reveillère a semblé être plus en forme et plus tranchant. Dans l’axe les performances sont un peu meilleures, même si Gourcuff et Malouda semblent un peu plafonner, là où, à l’inverse, Diaby apporte un vrai plus au jeu des Bleus. 2 fauteuils pour 3 ; pas sûr que Domenech change ses plans… Derrière encore, Abidal a été ridicule lors des deux premiers matchs et totalement inutile (au sens premier) au point qu’il n’aurait pas pu faire un mauvais match en touchant si peu la balle. Squillaci par contre… Bref, on peut continuer longtemps comme ça !

Au départ, changer pour le 4-3-3 était une vraie bonne idée. Enfin. Au final, ce système est mal utilisé, et ce pour trois raisons. La première : ce système nécessite une véritable présence dans les couloirs, ce que les Bleus n’ont pas. Qui a vu un bon centre aérien ou en retrait lors des 3 matchs ? Ribéry, l’arbre qui cache la forêt, dribble, dribble et redribble, mais il semble qu’il soit meilleur quand il s’agit d’effectuer une transversale que lorsqu’il s’agit de centrer correctement devant le but… Sagna, lui, ne monte pas. Evra rate 9 fois sur 10, envoyant le ballon trop près du but ou trop loin dans la largeur. Quant à Govou… La deuxième raison : ce système nécessite une pointe. Chez les Bleus, où est-elle ? On y revient à chaque fois, Anelka n’est pas un 9 mais un 9 et demi, et du coup le jeu de l’équipe de France pèse très peu sur l’axe de la défense adverse, qui du coup peu assez facilement venir défendre sur nos ailiers, laissant le 6 s’occuper d’Anelka (quand ce n’est pas leur attaquant, quand Nico vient chercher les ballons dans son camp). Troisième raison : les joueurs. Comme dans tous les systèmes, ce n’est pas le système qui fait le jeu, mais les joueurs dans le système. Et aujourd’hui, Domenech ne met pas les joueurs en bonne condition pour tirer le meilleur parti de ce système de jeu, pourtant si prometteur. Au vu des 3 matchs de préparation, l’équipe la plus compétitive devrait être la suivante :

Lloris

Reveillère – Squillaci – Gallas – Evra

Gourcuff – Toulalan – Diaby

Valbuena (ou Malouda) – Gignac – Ribéry

Soyons clairs : l’équipe que Raymond aligne, c’est la grande illusion. C’est beau sur le papier mais c’est tout. Après 3 matchs avec la même compo, il faut se rendre à l’évidence, certainement trop tard : ça ne tourne pas rond. On voulait créer des automatismes ? Où sont-ils ? Ribéry-Malouda-Evra ? Mouais… Gourcuff-Malouda ? Pourquoi pas… A droite ? Rien. Dans l’axe de la défense ? Pas mieux. Devant ? Les centres qui rentrent dans la boite trouvent Gallas, un défenseur central… Ce qui fait peur, c’est qu’on voit mal Domenech changer face à l’Uruguay, et quand on voit leur équipe on a du souci à se faire. Idem pour le Mexique, qui vient de battre l’Italie assez facilement… Et comme notre équipe arrive en pleine confiance… Ah non, ce n’est pas la bonne phrase, pardon. Sérieusement, il est grand temps d’arrêter de se faire hara-kiri. Alors peut-être aura-t-on de la chance. Peut-être gagnerons-nous le Mondial, ou serons-nous sur le podium. Peut-être aura-t-on alors la possibilité d’oublier tout ça, si tant est que cela soit possible. Mais plutôt que de compter sur la chance, on ferait mieux de compter sur nos joueurs, les bons, pour ne pas regretter. A se faire éliminer, autant éviter d’être ridicule ; et à gagner, autant gagner avec les honneurs… Début de réponse vendredi prochain au Cap face à l’Uruguay de Forlan et Suarez. Aie.

Alex.

PS : Retrouvez les notes du match ici.

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1 Response to “France – Chine : L’analyse”


  1. 1 Félix juin 6, 2010 à 8:22

    En réfléchissant à une équipe type, c’est la même que j’imaginais.

    A écouter tout le monde, j’ai l’impression que Malouda fait d’énormes performances, il a fait quoi sérieux en 3 matchs? Ce joueur restera une énigme à vie pour moi…


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