Laurent Blanc : La conférence de presse

Equipe de France de Football - Prolongations

Laurent Blanc, nouveau sélectionneur de l’équipe de France, a donné ce matin sa première conférence de presse en tant que nouveau patron sportif des Bleus. Décryptage!

 

La première conférence de presse de Laurent Blanc était très attendue. Et le selectionneur a répondu présent. (Photo Maxppp)

L’impression générale

Arrivé en salle de presse légèrement en retard de 5 minutes, c’est un Laurent Blanc que j’ai trouvé un peu stressé qui a pris place face à de nombreux journalistes, qui ont avant tout commencé par le mitrailler à grands coups de flashs. Durant tout le début de son discours, on a pu le voir beaucoup trifouiller et tasser le tas de feuille sur lequel était écrit son discours de manière assez agaçante, mais on veut bien croire que ce premier exercice en tant que sélectionneur n’était pas forcément des plus évidents, notamment du fait de la situation actuelle qui entoure l’équipe de France. Dans l’ensemble, celui qui s’est présenté comme le nouveau « sélectionneur entraineur » des Bleus a fait plutôt bon impression (si l’on excepte son agaçante façon de lire son texte comme s’il s’agissait d’une dictée pour une classe de CM1) notamment grâce à un discours simple et tranchant qui correspondait tout simplement à ce que tout le monde attendait après des années d’immobilisme de Raymond Domenech. Ses principaux objectifs : redorer le blason des Bleus pour en faire à nouveau le « top du top », rendre l’ « équipe de France à tout le monde », et la « guider avec ambition et professionnalisme ». Bref un beau verbiage qui ne pouvait que faire mouche auprès des journalistes et des supporters des Bleus. Reste maintenant à voir les résultats sur le terrain, dès le 11 août face à la Norvège.

 

L’état d’esprit

Ce qui ressort de ce petit discours de Laurent Blanc, c’est avant tout que le Président compte rester fidèle à ses valeurs, celles qui ont fait de lui un grand joueur mais aussi un bon entraineur à Bordeaux. S’il a globalement enfoncé pas mal de portes ouvertes, il semble bien qu’il fallait passer par là pour commencer à redonner confiance à tout le monde. Ainsi, Lolo veut faire de « l’excellence dans tout ce sportif » l’un de ses piliers pour reconstruire les Bleus, mais qui ne le voudrait pas ? De même, après le fiasco du Mondial et l’entrainement boycotté par les joueurs, il demandera à ses joueurs « un état d’esprit irréprochable ». Enfin, dernier point qui tranchera avec son prédécesseur : il ne retiendra que « les meilleurs joueurs, à leur meilleur poste pour faire la meilleure équipe possible ». Limite choquant après 6 ans de Raymond Domenech, dont 4 ans proches du néant. Et pire encore quand Laurent Blanc annonce qu’il fera aussi confiance à des jeunes. C’est fou comme après Domenech, n’importe quelle idée simple peut faire mouche… Encore un point important : il veut faire revenir le plaisir en équipe de France, rien que ça, ce qui passe, selon lui, par l’intégration dans sa future réflexion des événements qui se sont passés en Afrique du Sud.

 

Le staff

Côté staff, pas grand-chose de nouveau sous le soleil, le Président affirmant qu’il était encore en train de définir les contours du futur encadrement de l’équipe de France. Quelques confirmations néanmoins, dont celle de Jean-Louis Gasset, son adjoint à Bordeaux, qui sera également son adjoint chez les Bleus, en compagnie d’Alain Boghossian, qui n’aura finalement pas payé sa présence pendant 2 ans auprès de Raymond Domenech. En voilà un qui a tout gagné… Au niveau de l’intendant, magnifiquement appelé « coordinateur sportif » comme on disait avant un technicien de surface pour faire allusion au personnel d’entretien, c’est Henri Emile, l’idole de la génération 98, qui revient aux manettes. Comme prévu également, c’est Mariano Faccioli, le manager de l’Olympique Lyonnais, qui devient directeur administratif des Bleus. Au niveau des relations presse, le nouveau bulldog des Bleus (on a pu le voir dès la fin de cette conférence de presse) est Philippe Tournon, dont le rôle sera certainement, du moins au début, de protéger Laurent Blanc de la surexposition médiatique et du trop-plein d’attentes qui entoureront son début de mandat. Pour le reste du staff, il faudra encore attendre, avec une seule certitude : les membres du staff ne partageront pas leur temps entre les Bleus et un club, toujours dans l’optique de conserver un environnement de travail idéal pour les joueurs.

 

Les relations avec la presse

Lolo l’a dit : il veut des « relations dépassionnées avec les médias, si possibles courtoises » afin que toutes les parties puissent travailler dans la sérénité. Peu favorable aux entrainements ouverts aux journalistes (« si les adversaires ont la même télé que nous… »), le nouveau sélectionneur des Bleus a assuré qu’il ne souhaitait pas (à l’inverse de ce que Domenech a pu faire parfois) voir les Bleus évoluer en vase clos, coupée du monde et de ses supporters, même s’il se réserve le droit d’une préparation protégée si le besoin s’en fait sentir. Néanmoins, comme il l’a très bien expliqué, aujourd’hui tout le monde connait les tactiques de jeu et les éventuelles surprises dans les compositions, donc il s’agirait avant tout de préparer un événement sereinement plutôt que de chercher à tromper les adversaires et les médias… Le grand objectif de Lolo est de « tirer un trait sur ce qui s’est passé, le passé n’ayant pas d’avenir », et de tenter de ce fait de rétablit un climat de travail sein et cohérent pour les joueurs, qui auront la priorité sur les médias.

 

La philosophie de jeu

« Il faut se mettre au travail, il y en a beaucoup ». C’est sur ces mots que Laurent Blanc a commencé à évoquer le jeu des Bleus, tout un programme, notamment du fait de peu de temps qu’il a à sa disposition pour y parvenir, puisque le match contre la Norvège arrive assez vite (11 août), tout comme le début des qualifications pour l’Euro 2010 (en septembre). Et il le sait, il faudra « placer l’équipe sur de bon rails », pour ranimer la flamme. Une chose est sûre, et Lolo l’a martelée, il a « beaucoup d’ambition sportive pour cette équipe », ce qui n’a pas manqué de faire rire tout le parterre de journalistes, peu habitué à prendre au sérieux ce genre d’affirmations du temps de Raymond Domenech. Blanc souhaite même « récupérer une place dans le gotha du football européen et mondial d’ici deux ans ». Face à ce challenge, il ne dispose pas encore d’un noyau de joueur ni même d’un capitaine défini, ce qui laisse encore beaucoup de travail. Pour ne pas dire énormément, car le sélectionneur voit haut : « je veux une équipe de France qui subit le moins possible, qui maitrise ses matchs, et qui impose sa façon de jouer ». Là encore, rien que ça. Il n’y a pas à dire, Blanc a su parfaitement dire et annoncer ce que tout le monde attendait qu’il dise, à savoir, l’opposé de Raymond. Facile à écrire comme discours…

 

Les grévistes

Les questions n’ont porté pratiquement que sur ce thème : quid d’Evra, Ribéry et Abidal, annoncés comme les leaders du non-entrainement des Bleus en Afrique du Sud à deux jours du dernier match décisif dans la course à la qualification (à laquelle ils ne devaient pas beaucoup croire). Le Président l’a affirmé, vite agacé (mais moins vite qu’à Bordeaux) par ces questions sur le passé auxquelles il s’attendait, ce n’est pas à lui de punir les joueurs si punition il doit y avoir, même si on a cru comprendre dans son discours que si les faits étaient avérés après un certain nombre d’entretien il pourrait en tenir compte. Quoi qu’il en soit, Lolo a aussi dit qu’il les sélectionnerait, « s’ils sont les meilleurs à leur poste ». Bref de quoi se donner une bonne excuse pour ne pas les sélectionner si besoin. Non ? « Pas devenu entraineur pour être le père Fouettard », Laurent Blanc ne souhaite pas pour autant faire totalement table rase du passé, sous peine d’uniquement contenter les journalistes et les supporters, lui qui sait que seuls les résultats comptent et que c’est ce qu’on va finir par lui réclamer une fois ces histoires digérées… Intelligent, Lolo sait que son immunité ne durera pas éternellement, et qu’il lui faudra concrétiser les espoirs placés en lui rapidement s’il veut pouvoir continuer à travailler tranquillement en ayant le soutien de ses dirigeants, des joueurs, des supporters et surtout des journalistes. Et une chose est sûre, les Bleus ne seront pas sifflés au Stade de France lors des premiers matchs. Et Laurent Blanc sera même certainement acclamé. A lui (et surtout à eux) de profiter de ce climat idéal pour sortir des résultats !

 

Conclusion

Laurent Blanc m’a fait bonne impression, surtout dans le discours, reste maintenant à voir les résultats. Je n’ai jamais été un grand fan de l’entraineur, que je trouve un peu simple et pas forcément très « adaptable », mais rendons à César ce qui lui appartient : il a pour lui de n’avoir qu’une parole, et du coup je ne doute pas qu’il tentera coûte que coûte de redorer le blason des Bleus, et surtout qu’il ne se laissera marcher sur les pieds par personne pour y arriver… Et quand Lolo dit qu’il aime le maillot Bleu, là-dessus, on peut lui faire confiance. Donc j’attends de voir. Franchement sans être fan, son discours m’a séduit. Mais je pense aussi que n’importe quel entraineur aurait pu me séduire aujourd’hui, notamment après le fiasco du Mondial. J’aurais même pu écrire moi-même ce programme, tant il s’agit d’un mélange de bon sens et d’inverse de Raymond Domenech. Et en même temps, il faut parfois beaucoup de talent et d’intelligence pour faire des choses simples : ce n’est pas parce que c’est évident que tout le monde le voit (la preuve étant Domenech). Et surtout, je crois que ça a l’air simple, mais ça l’est avant tout sur le papier. Dans la réalité, c’est un tout autre programme, parce que si comme l’affirme Courbis on devrait pouvoir faire 3 passes avec les joueurs que l’on a, je ne suis pas sûr pour autant que l’on puisse avoir la meilleure équipe du monde avec une génération dans laquelle beaucoup de joueur sont soit pourris de l’intérieur soit cruellement en manque de talent… Je n’aurais donc que deux mots : bonne chance Lolo, et rendez-vous le 11 août pour une première analyse du renouveau des Bleus !

Alex.

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1 Response to “Laurent Blanc : La conférence de presse”


  1. 1 Hawker_33 juillet 6, 2010 à 12:32

    Depuis le temps qu’on attendait enfin il parle! Connaissant l’homme ca sera pas juste du vent donc ca fait plaisir! On a vu à Bordeaux, il est sérieux et si il fait ce qu’il dit ça ne fera que du bien à l’EDF. Et surtout laissons lui bien les deux ans avant de faire un bilan même si on est impatients!


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