Les Pays-Bas en finale

Coupe du Monde - Prolongations

Dans la première demi-finale de la Coupe du Monde, les Pays-Bas se sont imposés 3-2 au bout du suspens, éliminant ainsi une équipe de l’Uruguay qui y aura cru jusqu’au bout, sans pour autant parvenir à faire la décision.

 

Arjen Robben, buteur de la tête ce soir face à de courageux Uruguayens. (Photo Pedro Ugarte)

Plus en retard que ce que je pensais, j’ai une bonne excuse : je suis tombé dans le piège du Canal Football Club, vous savez, l’émission ou on apprend jamais grand-chose mais pendant laquelle on a toujours un petit reportage qui nous fait dire « encore deux minutes ». Et franchement, je n’ai pas perdu mon temps : j’ai pu revoir Pedro (Pauleta) et surtout l’idole des jeunes, le toujours aussi beau Marco Simone, sorte de mélange en son temps entre Fabrizzio Ravanelli et Daniel Bravo. Bref la classe. A part peut-être la coiffure à la Marouane Chamakh mal inspiré mais bon, on ne peut pas être parfait.

Revenons-en à nos moutons, car il faut bien en parler de cette demi-finale entre la Celeste et les Oranje. Si on se contente de regarder le score final du match, on se fait forcément de fausses idées : on peut, au choix, soit penser qu’on ne s’est pas ennuyé (ce qui est faux, sauf si bien sûr on compare avec un match des Bleus), soit penser que le match était serré (ce qui est également faux, sauf si on croit que l’Uruguay est une vraie équipe de foot). Sans y aller par 4 chemins, l’Uruguay était indéniablement l’équipe la plus faible de ces demi-finales, et pour moi l’une des plus faibles des quarts également, ne tirant son salut que d’un tableau qui lui a offert le Ghana (je ne pleure pas, je suis Français, et donc habitué à ce genre de facilités) et d’une main de Suarez, que je ne condamne pas puisqu’aucune règle n’interdit de faire une main volontaire. Et pourtant je soutenais le Ghana. Le jeu avait choisi, Gyan a échoué, et ce sont les Uruguayens qui l’ont emporté. Et qui se sont retrouvés sur le chemin des Battaves ce soir.

Pour en revenir à notre match donc, le premier quart d’heure a été plutôt quelconque, ne soulevant que la faiblesse de la défense hollandaise, dans laquelle on pouvait retrouver l’immonde Boulharouz, qui malgré tous ses efforts restera certainement le plus mauvais arrière droit (et tout simplement défenseur) que j’ai jamais vu. Oui oui, même devant Sagna. Et même loin devant, faut pas déconner. Heureusement de l’autre côté, le tout jeune Van Bronckhorst, 35 ans et toutes ses dents, lui, tient encore la baraque. Et c’est d’ailleurs lui qui va ouvrir le score et sortir son équipe d’un début de match compliqué, avec une frappe de 35m pleine lucarne, le plus beau but du mondial, sans aucun doute. Frappe pure et limpide, trajectoire rectiligne, gardien bien trop court, certainement surpris par cette frappe lointaine : le cocktail idéal pour un joueur qui n’est pas un habitué des buts de ce type.

Heureusement pour les joueurs de la Celeste, les Oranjes n’étaient pas dans leur assiette ce soir, ne parvenant pas à imposer leur jeu (vous savez, ce que Laurent Blanc veut faire avec les Bleus). Résultat, c’est un des seuls joueurs de foot de cette équipe qui va redonner espoir à son pays : peu avant la mi-temps Diego Forlan décroche une frappe de 30m pied gauche que Stekelenburg ne peut qu’effleurer. Forlan, franchement, c’est la classe. Et ce but ce n’est pas rien ; son seul problème, c’est qu’il vient après celui de Gio. Mais bon, après son bijou en quart, il récidive, ce qui n’est déjà pas si mal. Ce joueur sait tout faire, malgré un style qui fait un peu penser à un joueur sorti tout droit d’un jeu vidéo ; à l’inverse, le portier hollandais, adulé jusqu’ici, n’a pas été excellent, encaissant deux buts sur lesquels il est en grande partie fautif… Bref, mis devant le fait accompli, les Néerlandais se devaient de faire rentrer la différence, et leur coach de faire entrer Van Der Vaart, le joueur du Real Madrid, pour dynamiser l’entre jeu à la place du très pâle De Zeeuw, pratiquement aussi mauvais que son avatar dans Football Manager.

Malgré des débuts difficiles (en témoigne cette première combinaison absolument immonde avec Sneijder), la machine va finalement se mettre en route, et c’est le lutin de l’Inter qui va donner l’avantage à son équipe sur une frappe contrée par un défenseur uruguayen. Alors là, tout le monde se pose une question : hors-jeu ou pas hors-jeu de Van Persie ? Pour moi pas hors-jeu, le joueur est sur la même ligne que son défenseur au départ du ballon et je ne crois pas que l’on sanctionne un pied en général… Après oui, il fait action de jeu mais comme dirait l’autre on s’en fiche, vu qu’il n’est pas hors-jeu il peut faire ce qu’il veut. Du coup, gros coup de massue pour les Sud-américains, qui vont d’ailleurs encaisser un troisième but de Robben sur un centre de Kuyt. Un but entre ailiers mais pour autant un but de véritable attaquant, que ce soit au niveau de la course et de l’appel du joueur de Munich qu’au niveau de la réalisation avec cette tête parfaite qui vient se loger au pied du poteau. Pour une fois que Robben ne nous fait pas le coup du je cours très vite, je fais un crochet intérieur et je tire à ras de terre, profitons-en !

Là on se dit que le match est plié, d’autant plus que les Uruguayens ont du mal à construire quelque chose pour quatre raisons. La première, leur milieu de terrain est pratiquement constitué de 100% de joueurs défensifs, notamment pour verrouiller à la fois l’axe (Van Bommel-Sneijder) mais aussi pour verrouiller les côtés (Kuyt-Robben). Difficile de jouer offensif dans ces conditions. La seconde, Forlan et Cavani sont trop esseulés devant et doivent tout faire, à deux. La troisième découle de la seconde : cette équipe manque tout simplement de qualités, et ce n’est pas une honte de le dire. Pas de courage et de caractère, ça les Uruguayens en ont, mais techniquement cette équipe manque quand même de talent surtout au milieu de terrain. Perez dans le couloir droit ça le fait moyen par exemple. Après bien sûr, les latéraux sont excellents, mais sans milieu de terrain cela n’a pas été suffisant pour faire véritablement la différence, face à des Hollandais pourtant pas vraiment au top. Enfin, quatrième raison, la fatigue accumulée lors du quart face au Ghana a trop tôt commencé à faire son apparition, tuant dans l’œuf les espoirs de révolte de toute l’équipe…

Et pourtant, les Battaves se seront fait peur jusqu’au bout, encaissant un but de l’intéressant Maxi Pereira dans les arrêts de jeu du match suite à une belle combinaison sur coup franc, et alors même que tout le monde croyait le match plié, y compris le sélectionneur uruguayen, qui avait même sorti Forlan. Résultat 3-2, avec encore moins de deux minutes à jouer. Deux minutes qui, malgré toute la bonne volonté des joueurs de la Celeste, n’auront pas suffi à refaire leur retard : sans impressionner, ce sont les Pays-Bas qui joueront la finale de la Coupe du Monde, une première depuis 1974 et 1978 et l’époque du grand Cruyff. Encore victorieux ce soir, les 24h de repos supplémentaires vis-à-vis des Allemands ou des Espagnols ne seront pas de trop, y compris pour tenter de se préparer défensivement à contrer un futur adversaire a priori plus fort et qui devrait se régaler face à la faiblesse de l’axe central hollandais

A bientôt,

Alex.

Publicités

0 Responses to “Les Pays-Bas en finale”



  1. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à Prolongations et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 3 autres abonnés

Les derniers tweets

Prolongations, les archives


%d blogueurs aiment cette page :