L’Espagne fait tomber l’Allemagne

Coupe du Monde - Prolongations

Retour sur la victoire de l’Espagne 1-0 face à l’Allemagne en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA. Les Espagnols, sauvés par un but de Puyol en deuxième mi-temps, affronteront les Pays-Bas dimanche en finale.

 

Pour la première fois de leur histoire, les Espagnols vont jouer la finale de la Coupe du Monde après avoir disposé des Allemands sans trop forcer. (Photo Reuters)

Toujours en retard, toujours à cause du début du CFC pendant lequel on a bien pu se marrer notamment grâce à Pierre « je fais des blagues lourdes » Menès, qui a bien taillé le petit William Gallas (qui le mérite bien d’ailleurs).

Allez passons à l’essentiel, le match de ce soir. Comme je l’ai mis sur Twitter, cette rencontre peut se résumer de la façon suivante : le foot est un sport qui se joue à 11 contre 11, et à la fin Puyol marque et ce sont les Espagnols qui gagnent. Franchement, je vais être assez honnête, j’ai trouvé ce match pas mal soporifique, surtout du fait des Allemands, mais j’y reviendrai plus tard. Je ne sais pas si c’est parce que les joueurs ont longtemps joué laborieusement et que du coup on est resté à 0-0 tout le temps ou si j’étais trop fatigué par mon footing quotidien, mais j’ai même failli m’endormir pendant les 10 premières minutes de la deuxième mi-temps… Ce qui est étonnant, c’est quand même que par rapport aux matchs précédents, l’Allemagne a été complètement dominée, là où justement tout le monde attendait –enfin- une opposition de taille pour les toujours autant invincibles Espagnols.

Pour ce match, Löw avait décidé de légèrement modifier son équipe, notamment du fait de l’absence de Müller : du coup, afin de bénéficier de sa vitesse, c’est Trochowski qui était aligné à gauche du 4-4-1-1, avec Podolski de l’autre côté et Özil en soutien de Klöse. Pourtant, on a senti dès le premier quart d’heure que le match allait être long pour les Allemands, puisque très vite, les joueurs de la Roja ont pris le dessus, notamment par l’intermédiaire de Pedro, très mobile et donc très en vue en début de match (passe pour Villa, frappe au but). De quoi donner raison à Del Bosque, qui l’avait préféré à Fabregas, même si les puristes auront remarqué que ses nombreux décrochages dans l’axe auront fait fortement pencher le jeu à gauche et obligé Ramos à se débrouiller tout seul au niveau de l’animation offensive du côté droit. Menfin, pourquoi pas, d’autant plus que si défensivement Boateng est tolérable, son apport offensif est proche du néant (ce qui lui vaudra d’être par la suite remplacé par Jansen, certainement trop tard), ce qui a permis à notre ami Ramos de ne jamais trop s’affoler, d’autant plus qu’il a bien souvent été épaulé par Piqué.

Côté Allemand, on n’a été dangereux en première mi-temps que sur des contre-attaques, souvent rondement menées, et surtout sur coups de pieds arrêtés. Et encore franchement, quand je dis dangereux, je me trouve gentil : la seule vraie séquence de domination allemande se situe pour moi entre la 68ème et la 73ème minute date du but de Puyol. Avant cela, la Mannschaft a été franchement en difficulté dans la construction du jeu, d’une part parce que le ballon était, comme d’habitude, monopolisé par les Espagnols, mais aussi du fait d’un milieu de terrain Allemand un peu en deça de ses performances habituelles : Khedira a été un ton en dessous, tout comme Özil, qui n’aura pas trop existé. Si l’on ajoute à cela le fait que Podolski n’a été que très rarement trouvé (et le plus souvent sur la ligne médiane, bien trop loin du but) et que Trochowski n’est pas Müller, on a vite fait bien fait le tour du problème.

Pour la première fois de la compétition, l’Espagne a joué son jeu, l’équivalent du toque argentin, à savoir une multiplication de passes courtes, pendant que les Allemands, eux, avaient oublié le leur dans les vestiaires. Le problème néanmoins avec cet Espagne-là, c’est que je trouve que leur jeu huilé devient ennuyeux lorsqu’il ne leur permet pas de marquer : on les voit tricoter, faire de belles passes, ne jamais perdre le ballon, mais sans jamais vraiment être dangereux, puisqu’il s’agit d’essayer de rentrer dans le but avec le ballon, ce qui n’est pas chose aisée. Donc ennuyeux car rageant. Mais force est de constater que c’est beau à regarder et techniquement presque parfait. Heureusement que dans le lot, Xabi Alonso et Pedrito avaient compris qu’il était presque impossible de marquer sans tirer, sinon on aurait pu attendre longtemps. Quoique…

Quoique, car bizarrement, l’Espagne a ouvert ce match grâce à un but des plus inhabituel. Dans cette équipe où l’on marque dans le jeu, l’unique but du match a été inscrit sur un coup de pied arrêté, par un joueur qui n’a que très rarement marqué en sélection, et qui mesure plus de 10cm de moins que ses adversaires du soir, les tours de contrôle de la défense allemande. Bizarre donc… Après, les Allemands ont tenté de tout donner pour revenir au score, mais à 15 minutes de la fin c’était évidemment loin d’être gagné, surtout en faisant rentrer Casper, le fantôme de Mario Gomez, d’une inutilité et d’une nullité déconcertante (tout le monde ne vit pas le banc du Bayern aussi bien que Klöse). Du coup, avec beaucoup d’espace à leur disposition, les attaquants de la Roja auraient pu se régaler en contre, mais c’était sans compter sur Pedro qui avait décidé d’oublier Torres et un but tout fait pour dribbler et redribbler Freidrich, et sans compter sur ce même Torres, en manque de confiance, qui a mal donné le ballon suivant à Silva. Bref un vrai chemin de croix, heureusement que les Allemands n’ont jamais refait leur retard !

Avant de faire une petite ouverture un petit mot sur l’arbitre, dont je n’ai ni le nom ni la nationalité par simple flemme de chercher. Cet arbitre avait ce soir pour objectif d’entrer dans le livre Guinness des records avec le match ayant entraîné le moins de fautes, puisqu’il a attendu la 25ème minute pour utiliser son sifflet pour la première fois et qu’on l’a vu en permanence chercher à laisser l’avantage, parfois à la limite du ridicule, même si on peut trouver cet effort louable. Par contre je ne suis même pas sûr que le comité de surveillance des arbitres trouve ça bien… Seule véritable erreur pour moi, le fait qu’il n’ait pas sorti de carton jaune pour Alonso en fin de match, alors que le Madrilène commençait à surchauffer. En revanche, totalement d’accord avec lui sur les deux pseudos pénaltys : pas de faute sur Özil en première mi-temps (faites faire une meilleure passe à Klöse et faite réussir son contrôle à Özil et cette discussion n’existe plus), l’accrochage est minime, en pleine course et totalement involontaire. Quant à la « faute » sur Ramos, il n’y a rien pour moi non plus, et d’ailleurs le joueur du Real n’a rien dit non plus…

Finalement (sans mauvais jeu de mot), les Néerlandais affronteront les Espagnols dimanche, dans une finale dans laquelle tout le monde pourra décrocher sa première étoile, avec de surcroit la possibilité pour les Espagnols de réaliser le doublé après la victoire à l’Euro 2008. Après le match que l’on a vu hier soir, les joueurs de Del Bosque sont sans aucun doute les favoris, puisque le niveau de jeu des Hollandais ne m’a guère convaincu et que leur défense me parait d’une faiblesse ahurissante, ce qui risque de poser problème face à ce qu’il convient d’appeler (sans en faire trop) l’armada offensive espagnole : un Iniesta enfin à gauche, un Villa dans l’axe, épaulé par Pedro légèrement à droite et Xavi en soutien, le tout complété par des joueurs défensifs au vrai talent offensif, comme Ramos ou même Piqué. Pas facile, pas facile. Si on nous annonçait sans cesse depuis un mois que les Allemands étaient en train de réinventer le football total des Pays-Bas des années 1970, ce sont certainement les Espagnols qui en sont aujourd’hui le plus près, sans jamais renier les aspects défensifs du jeu. Bref, pas loin de la perfection !

Alex.

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1 Response to “L’Espagne fait tomber l’Allemagne”


  1. 1 Félix juillet 8, 2010 à 12:17

    Plus ça va plus j’ai du mal avec le foot espagnol. Ca va faire hurler pas mal de gens, mais au final, je trouve ça chiant dans ce genre de matchs, dans le sens où leur possession du ballon sert plus à ne pas prendre de but qu’à se créer des occasions.

    C’est un peu la dérive du style espagnol de ces dernières années, du tricotage de 90mn qui face à une équipe bien regroupé, est quasi inoffensif : contre la France ou l’Italie de 2006, cette équipe ne serait pas passée.

    Côté allemand, c’est la déception, mais comme je te l’ai dit sur twitter je le sentais venir. Au delà de Paul le poulpe, je trouvais ça trop beau pour être vrai, et trouvais bizarrement que cette équipe allemande jouait trop bien pour aller au bout (va comprendre ce genre de théories).

    Ce match comme tu l’as dit a été bien soporifique. Entre deux adversaires qui se craignaient, l’Espagne a probablement pris le dessus par sa maîtrise du ballon, mais aussi pas mal par l’absence de Müller remplacé par le bien pale Trochowski, preuve que derrière un onze de grande qualité, c’est un peu le vide dans cette équipe d’Allemagne.


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