Quand Gallas tacle Domenech

Equipe de France de Football - Prolongations

Coup de gueule du matin, pas chagrin! Revenons sur les déclarations de l’ex-futur capitaine des Bleus dans les Inrockuptibles. Et une chose est sure, Gallas est meilleur pour tacler Domenech que Forlan…

 

William Gallas fait une sortie très remarquée dans les Inrocks de ce jeudi. Dommage qu'il n'en fasse pas autant sur le terrain. (Photo Football365)

Il aura fallu que William Gallas donne une interview parue dans les Inrockuptibles du jeudi 8 juillet pour que je me décide enfin à parler un peu de l’équipe de France version Knysna, à savoir celle que l’on a eu honte de voir et que l’on ne veut pas voir, au point même que j’espérais ne pas trop avoir à en parler… Hier après-midi, j’ai donc pris connaissance, via le site internet du journal l’Equipe, de ladite entrevue qu’avait donné l’ex-futur capitaine/leader des Bleus à ce qui est donc une référence journalistique pour tous les supporters et amateurs de foot, j’ai nommé les Inrocks. Tout en la lisant, j’ai commencé à ronger mon frein, frein qui a fini par céder le soir, lors des 5-6 premières minutes du Canal Football Club à 22h30.

Cette interview de William Gallas, c’est du n’importe quoi, sur le fond comme sur la forme. D’abord, l’interview en elle-même : cela fait quelques temps maintenant que le joueur des Bleus (pour ne pas dire le « défenseur des Bleus ») ne parle plus à la presse et personne ne s’en plaignait, mais il y a fort à penser que commençant à entendre ce qui se disait sur son dos et sur celui de ses petits camarades, l’ancien cadre (dans des temps immémoriaux) a tenté une sortie afin de sauver ce qui était encore sauvable et surtout de remettre la pression sur Domenech, qui l’avait un peu perdu au profit des joueurs depuis l’épisode du bus. Ensuite, il y a le choix du journal. En vrai gaillard courageux, Gallas, désormais sans club, a choisi d’affronter les questions des Inrocks plutôt que celle de véritables experts, ce qui lui a très certainement permis de tranquillement dérouler son petit discours bien préparé sans être dérangé. Avec en plus l’occasion d’accentuer son côté bobo-rebelle. Et pourquoi pas Libération ou Télérama tant qu’il y était?

Sur tout ça, passe encore, après tout il fait ce qu’il veut, et surtout tout le monde sait qu’il n’apprécie guère les journalistes sportifs (ceux que Govou appelait hier « les experts »). Ce qui me chose plus c’est le fond. Tout d’abord tout le monde fait une montagne de cette interview, sous prétexte que les sorties précédentes des soi-disant « caïds » étaient sans intérêt. Sur ce point, je ne suis pas du tout d’accord : qu’apprend-on de plus dans celle-ci ? Là-dessus je rejoins totalement ce que disaient Di Meco et Courbis à 100% Foot dimanche soir : grosso modo on sait déjà 95% de ce qui s’est passé, et ce n’est pas parce que untel ou untel parle que l’on va apprendre de nouvelles choses, à part éventuellement à la marge… En gros, la thèse de Gallas est la suivante : le fiasco, c’est celui de Domenech, même s’il reconnait des faiblesses des joueurs. Deux trucs me choquent là-dedans. Première chose : pour un joueur comme Gallas, cracher sur Domenech, c’est cracher dans la soupe, pour un joueur qui a eu la chance d’être titulaire en Bleu alors qu’il n’est plus performant en équipe nationale et en club depuis quelques temps maintenant. Deuxième chose : si on y regarde de plus près, la part du fiasco qui incombe aux joueurs selon Gallas n’est quand même pas bien grande d’autant plus qu’il affirme que «vous pouvez avoir les meilleurs joueurs du monde dans votre équipe, si vous n’avez pas l’entraîneur qu’il faut, vous n’aurez pas de résultats ».

Personnellement, j’ai une théorie : lorsqu’une équipe n’a pas de résultats, on change l’entraineur parce que c’est moins couteux que de changer 23 joueurs. Le fiasco de Domenech, on le savait inéluctable ou presque depuis 2008, voire même depuis la retraite des leaders de 2006 (Zidane, Makélélé, Thuram). Apparemment, selon Gallas les joueurs l’auraient senti et auraient même tenté de faire changer les choses, mais ce qui me fait rire (je veux dire en dehors du fait qu’il souhaite continuer à jouer en Bleu), c’est que personne ne soit monté au créneau avant : tout le monde était bien content de la situation qui permettait à des joueurs pas à au niveau de conserver leur place et leur pantoufles bien au chaud à Clairefontaine. Autre partie horripilante, quand le grand technicien Gallas, dont l’apport au jeu collectif se limite à dégager les ballons quand il est en forme, annonce que le 4-3-3 mis en place en 2008 ne fonctionnerait jamais et que tout le monde voulait jouer en 4-4-2. Ce qui est marrant ce n’est pas tant que les joueurs aient voulu jouer en 4-4-2 mais plutôt que les Bleus jouaient donc en 4-3-3 depuis 2008, j’ai dû manquer un épisode !

J’ai bien aimé la théorie de Dhorasoo sur le fait que Thuram, en gros, se regardait parler, et ne cherchait par ses déclarations qu’à se mettre lui-même en valeur. Pour Gallas c’est un peu la même chose dans une autre dimension, à commencer avec la perte du brassard : je veux bien qu’on lui ait retiré (ou plutôt pas donné) sans mettre les formes, mais il faut bien avouer que aujourd’hui (comme à l’époque) tout le monde s’en fiche et qu’il s’agit là d’une remarque d’enfant gâté… Dans l’interview il annonce également ne pas être un caïd comme a pu l’annoncer Roselyne Bachelot, tentant même, tel un assassin à son procès, de faire entrer sa fille dans la pièce pour attendrir tout le monde. Intéressant, dans le même temps il dit que si Domenech était venu le voir dans le bus, la grève se serait peut-être terminée : il était donc soit un meneur, soit un leader dans le groupe. Et quand on voit ce qui semble être sa mentalité, il semble être, pour moi un leader négatif pour reprendre la terminologie de Thuram. Et un leader négatif, c’est un caïd. Alors je veux bien que le mot caïd soit dur, mais ce qui compte c’est à mon avis avant tout l’image, dont tout le monde a bien compris le sens…

Et puis, en bon caïd qui se respecte, William a tenté de défendre ses petits camarades de l’ancienne génération, comme par exemple Anelka, dont les insultes inexcusables ne seraient que l’expression d’un ras-le-bol collectif. Déjà, aucun ras-le-bol ne vaut d’être exprimé par des insultes, surtout envers son « supérieur hiérarchique ». Ensuite, si c’était collectif, il fallait en parler avant ou se rebeller en même temps qu’Anelka, ou même proposer de partir, mais on le voit bien, Gallas pense avant tout à sa pomme… Parler c’est bien beau, mais agir c’est différent : on le voit bien, l’international souhaitait et souhaite toujours préserver ses chances de revenir chez les Bleus. D’autres avant lui l’ont fait en restant lisses dans leurs déclarations (Malouda…) lui l’a fait en donnant dans la démagogie et en tapant sur Domenech. Ce qui est drôle c’est que même Abidal, mauvais parmi les mauvais, n’a pas osé, alors qu’il avait certainement plus à y gagner… Et ce qui est encore plus drôle, c’est que ceux qui tapent sur Domenech aujourd’hui ce sont ceux qui lui témoignaient tout leur soutien depuis 2008. Quand je vous dis que tout le monde tenait à sa petite place bien au chaud…

Voilà pour mon coup de gueule du matin, ça fait du bien! Allez laissons tout ça de côté…

Alex.

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