L’Espagne championne du monde !

Coupe du Monde - Prolongations

Pour la première fois de son histoire, l’Espagne a remporté la Coupe du Monde en s’imposant 1-0 au bout des prolongations grâce à son meneur de jeu de poche, Andres Iniesta.

 

Les Espagnols soulèvent la Coupe du Monde pour la première fois de leur histoire. (Photo LeParisien.fr)

Honnêtement ce soir, je me suis ennuyé pendant pas mal de temps, mais pas pour les mêmes raisons que d’habitude. D’habitude, je m’ennuie parce que le jeu des Espagnols est fatigant à regarder. Beau, mais fatigant, puisqu’il faut bien souvent prier pour que les joueurs de la Roja arrivent enfin à rentrer dans le but avec le ballon. Ce soir c’était l’inverse : je me suis ennuyé parce que pendant une grande partie de cette finale, personne n’a proposé de jeu. Ni les Espagnols, pris au piège par des Hollandais très appliqués tactiquement, ni ces derniers, trop occupés à être très appliqués tactiquement et à enchaîner les fautes, ce qui ne laisse que peu d’énergie pour créer du jeu. Et puis bon, la création côté néerlandais, ça se résume globalement à une passe de génie de Sneijder ou un coup de rein chaloupé de Robben, rarement plus. Pendant longtemps donc, je me suis ennuyé. Heureusement, pour tromper la morosité qui s’échappait de mon téléviseur, rien de mieux qu’une petite association Van Bommel-De Jong. Les deux numéros 6 hollandais avaient ce soir sorti leurs plus beaux habits et leur attitude de caïd, afin de faire vivre un véritable enfer aux milieux de terrain espagnols. Et c’est Iniesta qui se fait découper par le Munichois, qui lui fait le coup de la moissonneuse-batteuse. Carton jaune. Puis c’est Xabi Alonso, qui mesure, avec son thorax, la longueur des crampons de Nigel, qui venait d’échouer dans sa tentative de lui mettre en pleine figure. Carton jaune. Là, je me suis dit que M. Webb allait avoir pas mal de travail, sans compter que Sneijder, Van Bronckhorst et Van der Wiel y mettaient aussi du leur afin de récolter une petite biscotte.

Dans cette ambiance délétère, semblable au match contre le Portugal en 2006 (à ceci près que cette année les challengers des Oranjes avaient décidé de ne pas entrer, et c’est tout à leur honneur, dans la surenchère), les milieux espagnols, et plus précisément le trio barcelonais Busquets-Iniesta-Xavi a eu beaucoup de mal à avancer, et surtout à trouver de la profondeur. Ce qui a marché contre l’Allemagne, la titularisation de Pedro, a échoué ce soir, la faute à Van Bronckhorst, qui n’est pas l’insipide Boateng… Ajoutons à cela un David Villa loin de son meilleur niveau et l’on obtient une équipe d’Espagne obligée de jouer (trop) latéralement et, afin de sortir de cette spirale, de prendre d’énormes risques derrière : on a ainsi beaucoup vu Piqué et Puyol tenter de « sauter une étape » (un peu comme Armstrong aujourd’hui sur le Tour) en lançant de grands ballons latéralement dans l’axe, sans succès et à la limite même de l’interception. D’aucuns diront même qu’ils ont vu Busquets faire plus d’une touche de balle, alors que la légende raconte qu’il en serait en fait incapable… Bref, un match haché, pas de jeu, des Espagnols obligés de faire des erreurs : la recette idéale pour se diriger lentement mais surement vers une victoire néerlandaise, d’autant plus que Robben, qui nécessite bien le travail de 3 défenseurs (alors qu’il fait la même feinte depuis le PSV Eindhoven), était ce soir en grande forme, à la différence de son vis-à-vis, l’extrêmement lent (et selon moi maillon faible de cette équipe) Capdevila.

Robben d’ailleurs, pourra avoir des regrets ce soir. D’abord parce que comme je viens de le dire il était certainement le seul (même complètement cramé en fin de match) à pouvoir faire la différence en jouant au ballon (sans jouer Van Bommel est meilleur). Mais surtout, surtout, parce qu’il a eu, grâce à l’extrême lenteur/naïveté de Puyol, deux face-à-face avec Casillas, le portier du Real Madrid et de la sélection ibérique. Le premier, le gardien le remporte avec un brin de réussite, le Battave manquant de piquer un peu plus son ballon pour éviter la jambe de Casillas pourtant pris à contre-pied. Le second est pour moi un mystère. Certes Van Bommel ou/et De Jong auraient pu/dû être expulsés bien avant pour des fautes bien plus graves, mais comment Puyol peut-il terminer le match après avoir ceinturé, en position de dernier défenseur, ce bon Robben, pour qui il était alors devenu impossible de marquer ? Et comble de l’horreur, c’est même l’attaquant hollandais qui récoltera un carton jaune pour être allé se plaindre… C’est ici l’occasion de faire un petit point arbitrage : M. Webb a eu vraiment du mal, à l’image de ses collègues pendant toute la compétition, à tenir son match, même si tout s’est au final terminé presque sans encombre. A sa décharge, comme l’a dit Arsène Wenger (quand il n’était pas en train de s’extasier sur une passe à 2m de Fabregas avec Christian Jean-Pierre et Jean-Michel Larqué) c’était loin d’être un match facile. Expulser un néerlandais (pourtant méritant, comme tiens… Van Bommel par exemple) au bout de 20 minutes de match, c’était tuer la finale, OK on peut comprendre. Mais en deuxième période, le rouge aurait pu sortir, d’un côté comme de l’autre. Au lieu de ça, on a vu des erreurs (pénaltys, coup-francs, corners oubliés etc) et certains Espagnols passer en mode vengeance. Alors oui, le rouge aura fini par sortir pendant les prolongations (au revoir Heitinga), mais certainement trop tard… Bref un arbitrage à la hauteur de l’événement… euh je veux dire dans la continuité de l’événement !

Pour revenir à l’essentiel, le but espagnol a fini lui aussi par arriver. 116ème minute, but d’Iniesta, l’ « anti-star », « joueur préféré » de Christian Jean-Pierre, qui jusque-là avait passé 75% de son temps à tenter d’aider M. Webb à distribuer ses cartons jaunes et les 25% restants à jouer plus que bien (un des rares espagnols à faire vraiment la différence ce soir). Hors-jeu sur le premier ballon, Van der Vaart, qui était légèrement resté au sol, le couvre sur le second, que le petit meneur barcelonais au teint cadavérique (il est vert non ?) ne s’est pas fait prier pour envoyer au fond des filets de Stekelenburg, pourtant auteur d’un beau match et qui aura même touché la frappe du numéro 6 espagnol. La véritable question d’arbitrage pour moi se situe sur le début de l’action, de l’autre côté du terrain, quand Elia semble victime d’une faute à l’entrée de la surface de la Roja, évidemment non sifflée. Pour moi il y a faute, même si le joueur la cherche. Après, n’oublions pas que Howard Webb est anglais, et que s’il ne met qu’un jaune pour un coup de pied sauté, il ne va pas donner coup-franc pour un simple accrochage… Du coup, dans ce contexte le but est totalement valable malgré les plaintes des hollandais, à qui 2m30 n’auront ensuite pas suffit pour refaire leur retard, la plupart des joueurs étant au bout du rouleau (Robben, Van der Wiel, Van Persie…). Seul rebondissement durant ce laps de temps, le claquage de Torres, entré en jeu peu avant, qui aura entendu le coup de sifflet final dans le tunnel et que ses coéquipiers auront un peu oublié au moment de se sauter dans les bras. En même temps, l’attaquant de Liverpool voudra lui aussi certainement oublier cette Coupe du Monde (pas le trophée, la compétition, pas folle la guèpe).

Au final, la victoire est plutôt méritée sur l’ensemble de la compétition, et l’Espagne devient même, ce soir, la première équipe à remporter une Coupe du Monde en ayant perdu un match (contre la Suisse lors de son match d’ouverture) : la Roja entre donc doublement dans l’histoire, puisqu’il s’agissait là, comme tout le monde le sait de la première étoile décrochée par les ibériques. Autre célébrité du Mondial à entrer dans l’histoire (ou pas) : Paul le Poulpe, le pronostiqueur qui vous fait gagner à tous les coups, qui a encore vu juste ce soir (par contre le perroquet si je t’attrape je te fais au barbecue) et qui pourrait du coup être sacrifié en héros sur une plancha lors d’un repas afin de célébrer la victoire. Enfin, on retiendra également que la Coupe du Monde a, pour la première fois, 4 meilleurs buteurs (5 buts), Villa et Sneijder (muets ce soir) se partagent la première place avec Forlan et Müller. A titre personnel, ce Mondial était le 5ème dont j’ai souvenir, et le premier que je trouve un peu fade (d’ailleurs à part la victoire de l’Espagne pas sûr qu’il reste dans les mémoires), surtout en finale : en même temps les Pays-Bas n’ont pas une réputation de beau jeu (de jeu rapide oui, mais pas de beau jeu) et en faisant le match à faire pour tenter de battre l’équipe d’Espagne, ils ont même presque réussi à détruire le fond de jeu des Ibères. Sur ce, Afrique du Sud 2010 c’est fini (à part peut-être pour le Dallas des Bleus), et il va maintenant falloir retourner à la Ligue 1 jeunes amis !

A très vite !

Alex.

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1 Response to “L’Espagne championne du monde !”


  1. 1 Voyage New York juillet 12, 2010 à 8:50

    Bravo à l’Espagne qui vient de remporter la première coupe du monde de son histoire ! Dommage qu’il y ait eu autant de fautes commises durant ce match.


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