Norvège – France : L’analyse

Equipe de France de Football - Prolongations

Après les notes du match Norvège-France disputé ce mercredi soir à Oslo, je vous propose maintenant de passer à l’analyse, histoire de battre le fer tant qu’il est chaud.

 

Le meneur de jeu des Bleus Samir Nasri a effectué un retour tonitruant en équipe de France contre la Norvège. (Photo Eurosport.fr)

Laurent Blanc n’aura pas tardé à connaître les mauvais côtés du poste de sélectionneur de l’équipe de France : dès son premier match à la tête de la maison bleue, le Président a connu, sous la pluie norvégienne, la défaite. 2 buts à 1. Pas honteux, même si tout le monde, qu’on soit fan du personnage ou non, aurait quand même préféré qu’il soit récompensé dès le début. Quoi que… Si on avait gagné, peut-être nous serions-nous tous enfermés dans de fausses certitudes, notamment au niveau des joueurs ou du système de jeu. Le fameux « je m’enflamme » à la française. Derniers en date ? Gomis, alias « j’ai marqué 2 buts pour mon premier match en bleu, on ne peut plus se passer de moi ». Ou plus récemment, le 4-3-3 de Domenech, alias « je suis le système qui va nous faire gagner la Coupe du Monde 2010 ». Comme on le voit, ça ne marche que très rarement : aujourd’hui, point de Gomis ni de 4-3-3 en équipe de France.

Au Ullevaal Stadion (il faut mettre deux « a » comme en danois quand on n’a pas le a avec le petit rond disponible), les choses ont d’emblée été bien différentes d’il y a 2 mois. Plus de Jean-Mimi, remplacé par Lizarazu. Plus de David Astorga, toujours en vacances. Plus de Raymond Domenech, exilé à l’étranger. Plus aucun des 23 du mondial, punis et obligés de regarder le match depuis leur canapé. Et plus de non communication : un sélectionneur souriant qui donne 5 bonnes minutes d’interview de bord de terrain en début de match en expliquant clairement  ce qu’on cherche à tester et comment on va le tester, on n’avait pas vu ça depuis une éternité. Allez, 6 ans. Et 6 ans, c’est long… Bref d’entrée, Laurent Blanc l’avait annoncé, un des objectifs de ce soir était de donner du temps de jeu à la défense, notamment central, dans le but de la stabiliser dès maintenant et pour le futur : les changements n’ont donc concerné que les milieux de terrain et les attaquants.

Penchons-nous donc sur cette fameuse défense. Au coup d’envoi, le sélectionneur a choisi de faire confiance à Fanni à droite et Cissokho à droite. Vue leur prestation de ce soir (pas terrible), on peut penser que ces deux-là n’ont pas introduit de doute dans la réflexion du sélectionneur à leur poste si tant est qu’il y en ait eu : très clairement, il y a aujourd’hui meilleur à leurs postes. Fanni n’est d’aucune aide offensive et me semble très limité techniquement, comme en témoignent ses nombreux contrôles approximatifs. De même, défensivement, son marquage est très lâche, même s’il est vrai qu’il n’a pas été beaucoup aidé par Moussa Sissoko. De l’autre côté, Aly Cissokho n’a pas été excessivement meilleur, mais son apport offensif est déjà plus important, même si l’ensemble reste, là aussi, techniquement perfectible. J’aurais d’ailleurs aimé voir ce qu’auraient pu donner Trémoulinas par exemple, notamment quand les Bleus ont évolué avec Hoarau en pointe. Mais là n’est pas le plus important, ce qui me préoccupe le plus, c’est l’axe central. La paire Rami-Mexès n’a pour moi pas fait l’affaire. Mexès a été en retard et mal placé plusieurs fois. Son marquage a été, à plusieurs reprises, trop élastique, notamment sur les coups de pieds arrêtés. Sa soi-disant capacité de relance n’a pas été visible : ses longs ballons ont souvent été imprécis, ou tout simplement voués à l’échec. Enfin, son entente avec Rami m’a paru presque inexistante, et l’on a pu percevoir des problèmes de communication entre ces deux joueurs, qui n’ont pas fait un grand match. Mais comme on ne construira pas en un match ce qu’on a failli à construire en 2 ans (voire plus), je nuancerai mon propos en disant qu’il faut peut-être donner du temps au temps… Mais ai-je vraiment envie d’attendre, enfin, le bon match de Mexès ? Pas sûr…

Au milieu par contre, M’Vila a été parfait dans son rôle de sentinelle devant la défense dans le 4-1-3-2 (ou le 4-4-2 en losange, selon les formulations) mis en place par Laurent Blanc. Comme je l’ai souligné dans les notes du match, il a parfaitement su tenir son rôle, sans trop en faire. Le positionnement de Nasri en meneur de jeu a permis d’avoir une animation offensive assez fluide, bien aidée également par le décrochage des attaquants, que ce soit dans l’axe (Hoarau) ou sur les côtés (Rémy). De même, la patte gauche de N’Zogbia a fait du bien dans certaines phases de construction. Si les Bleus ont pu construire un jeu attrayant, on a aussi pu voir certaines limites de ce schéma de jeu, qui sont les mêmes que celles que l’on a pu entrevoir dans l’équipe de Bordeaux dimanche : au plus large du milieu de terrain, seuls 3 joueurs doivent assurer la couverture de la largeur, ce qui limite le jeu par les côtés, et favorise indéniablement les passages dans l’axe (plus de 50% des attaques), ce que l’on a beaucoup vu en première période et qui a été corrigé en seconde période par le changement de système de jeu. Pourtant, force est de constater que nos meilleures occasions sont venues sur des centres effectués par les joueurs « de couloir », si tant est qu’on puisse les appeler comme cela dans ce système.

C’est pourquoi, après 45 bonnes premières minutes, j’ai plutôt bien accueilli le passage en 4-2-3-1 (plus classique chez les Bleus), qui était, qui plus est, assorti de l’entrée de joueurs d’un niveau a priori supérieur à ceux qui sortaient, à savoir Lass Diarra, qui connait bien ce poste et ce schéma, et Hatem Ben Arfa et Jérémy Ménez, entrés pour dynamiser les côtés. Honnêtement, je me suis dit : ils ont souffert sur les côtés, on va les achever. Et j’ai failli avoir raison, quand Ben Arfa côté droit, a ouvert le score sur son deuxième ballon, d’une frappe tendue dans le petit filet du portier norvégien. J’ai bien vite déchanté, quand les Bleus ont encaissé l’égalisation pratiquement dans la foulée, sur un coup de pied arrêté. Encore. Hoarau est un peu surpris, Huseklepp en profite, 1-1. Pendant 20 minutes ensuite, les Bleus vont pousser, en tentant de passer sur les côtés, mais au final sans jamais se montrer dangereux : à l’inverse de la première mi-temps, on voit moins de jeu, et moins d’occasions. Avec deux 6, les Bleus sont moins séduisants, même face à des Norvégiens plus regroupés : la solution ne vient pas. Seul en pointe, Hoarau puis Benzema sont un peu perdus, et, à force de décrochages, il manque de présence dans la surface le moment venu. Pire, ce sont même les locaux qui vont prendre l’avantage sur un contrôle raté de Diarra qui permet aux rouges d’envoyer Huseklepp droit au but entre Rami et Mexès. 2-1. S’en suivront quelques tentatives, rarement dangereuses. Le beau jeu collectif, entrevu en première mi-temps a disparu au fil des changements, et, comme à l’OM, on attend un exploit personnel de Ben Arfa pour débloquer la situation : il viendra, un fois, mais Cabaye ne pourra pas conclure. 

Au final, je suis déçu de cette défaite. Mais comme je serai déçu de n’importe quelle défaite. Celle-ci n’est pas catastrophique, et le jeu produit lors des 45 premières minutes notamment, symbolisé par l’axe M’Vila-Nasri-Hoarau, m’a paru séduisant, et devrait s’améliorer avec la réintégration d’une partie des mondialistes lors des matchs de qualification du mois de septembre. De plus, le groupe se retrouvera pour la deuxième fois, ce qui devrait également aider à développer plus encore certains automatismes mis en place ce soir. Sans être particulièrement emballé (j’aurais horreur de tomber dans un pro-Blancisme aveugle) j’ai senti du potentiel et la possible création d’une vrai philosophie de jeu. La seule vraie question que j’ai pu me poser en pensant au retour des 23 a été : quid de Gourcuff ? Franchement, ce soir, Nasri m’a séduit, au point que je l’ai même trouvé à certains moments plus à l’aise encore qu’à Arsenal. Si cela ne tenait qu’à moi, le problème serait réglé : pour moi, Gourcuff n’est pas un 10 mais un 8, et il prendrait donc, de ce fait, la place attribuée ce soir à Sissoko. Mais qu’en est-il pour Laurent Blanc, qui l’a positionné en meneur de jeu à Bordeaux ? Là est la question, et il se pourrait qu’il n’y ait pas de véritable solution. A mon avis, M’Vila, Hoarau, Ben Arfa, Nasri, Rami et Mexès (malheureusement, mais stabilité oblige, et on ne va pas reprendre Gallas) au minimum ont marqué des points et devraient faire partie de la liste des joueurs retenus pour septembre. A voir dans deux semaines !

Alex.

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1 Response to “Norvège – France : L’analyse”


  1. 1 infoseb août 12, 2010 à 9:17

    Le chantier de la reconstruction de l’équipe de France de football est désormais ouvert et le travail à mener pour replacer les Bleus parmi l’élite du football mondial est énorme.

    Après avoir testé de nombreux joueurs, Laurent Blanc va devoir maintenant réfléchir à la composition du meilleur groupe possible pour disputer les deux premiers matchs de qualification pour l’Euro 2012 dans trois semaines.

    Une fois n’est pas coutume, les absents n’ont pas eu tort lors de cette rencontre en Norvège et certains mondialistes devraient rapidement refaire leur apparition sous le maillot bleu. Lesquels ?


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